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- 2023
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About Comprendre l'entrainement
Stéphane Morin est expert en méthodologie de l'entrainement et en analyse des données dans le sport. Enseignant et chercheur, il vous éclaire sur les stratégies d'entrainement pour performer plus, plus souvent, aux bons moments et réduire l'incertitude de blessure. Des rendez-vous entre paroles pragmatiques, vérités pratiques et esprit scientifique.
- Publisher
- Stéphane Morin
- Category
- sports
- Language
- fr
- Explicit
- No
- First episode
- 2 Apr 2023
- Latest episode
- 7 May 2024
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25 episodes in the feed.

7 May 2024
Opinion : Les études scientifiques seront utiles à l'entraineur quand ...
Souvent, trop souvent, la science est l’unique contenu de la formation initiale. Les multiples références scientifiques, citées dans autant de diaporamas, pour chaque champ disciplinaire, laissent croire à l’entraineur profane qu’il trouvera toujours les réponses à ses questions dans les études scientifiques. Initié, confronté aux réalités de terrain, l’entraineur est souvent déçu. Les études scientifiques ne répondent jamais, ou presque, à ses interrogations de terrain, provoquant chez lui déception et parfois, hélas, un rejet de l’approche scientifique. La formation initiale, jadis très pragmatique, trop même, ne l’est plus du tout aujourd’hui. La formation initiale est aujourd’hui très, trop même, scientifique. Ces deux praticiens, l’entraineur et le scientifique alors ne se comprennent pas, et il me semble, de moins en moins. Le scientifique se « scientifise » s’enfermant dans sa tour et l’entraineur s’enfonce dans un empirisme dogmatique. L’entraineur doit accepter que la science ne réponde pas aux questions de terrain. La science a pour objet de rejeter des théories, de rejeter des croyances. C’est d’ailleurs pour cela qu’on « rejette H0 avec plus ou moins de confiance en statistique » et qu’on ne valide jamais une hypothèse. Le scientifique doit lui veiller à ne jamais laisser croire à l’entraineur qu’il peut répondre à ses questions de terrain. Tous ne sont pas vigilants à ce sujet. L’entraineur ne doit pas plus justifier ses contenus par des fragments de connaissances scientifiques le plus souvent déconnectés de la complexité du mouvement. Comment les réunir ? D’abord en expliquant aux uns et autres qu’ils vivent dans des temporalités différentes : courte pour l’entraineur, longue pour le scientifique. Ensuite en demandant à l’entraineur de collecter des données pour que le scientifique les analyse et qu’ensemble ils les interprètent. Mais le vrai changement consisterait à interdire les publications scientifiques qui ne porteraient que sur une seule expérimentation. Les scientifiques devraient avoir l’obligation de mener au moins trois à quatre études avant de publier. Avec les mêmes sujets, à des moments différents, par exemple. Ou avec des sujets différents, dans des contextes différents. Un entraineur sait qu’une victoire ne valide pas sa compétence. Le match suivant peut être une défaite. Un attaquant sait que marquer un but ne suffit pas à dire de lui qu’il est un bon attaquant. C’est la constance des victoires, des buts qui crédibilisent la compétence. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour un scientifique ? Pourquoi ne crédibiliserait-il pas ses résultats en éprouvant ses hypothèses plusieurs fois, pour ne publier que les résultats de ses multiples expériences scientifiques ? Alors, oui, il publierait moins. Mais assurément, des publications de meilleures utilités. On croule sous les publications scientifiques, dont la grande majorité n’est jamais lue, alors que certaines sont citées à outrance. Pour être lus et indexés, les auteurs jouent avec les mots-clés, qui sont devenus le plus souvent des attrape-mouches. Aujourd’hui, il faut mettre « deep learning », « machine learning », « random forest ». Ou « soccer », « injury ». Cela en est devenu ridicule.

6 Mar 2024
Analyse des données - Analyse Factorielle Exploratoire
Bonjour et bienvenue dans ce podcast aujourd’hui consacré à l’analyse des données et plus particulièrement à l’analyse factorielle. Concrètement, qu’est-ce que l’analyse factorielle ? Le suivi quotidien de l’entrainement consiste à collecter des données de nombreuses variables, telles que la distance, la vitesse, la fréquence cardiaque, et les perceptions. L’analyse factorielle est un moyen de condenser les données de nombreuses variables en quelques variables seulement, pour simplifier la compréhension des résultats, comme c’est le cas pour interpréter et analyser les données issues d’un suivi quotidien de l’entrainement. Pour cette raison, elle est aussi parfois appelée « réduction de dimension ». L’analyse factorielle réduit les « dimensions » des données en une ou plusieurs « super-variables ». L’analyse factorielle exploratoire est une technique statistique permettant d’identifier les facteurs latents sous-jacents d’un ensemble de données. [...]

2 Mar 2024
Opinion : L'entraineur, les préparateurs physiques et mentaux.
Qu’est-ce qu’entrainer sinon aider une personne à passer d’un état actuel à un autre, plus souhaitable, à changer ce qui n’est pas possible en ce qui est possible. Entrainer, c’est donc permettre à une personne de passer de « ne pas être capable » à « être capable » ; c’est donc l’aider à se délivrer, à se défaire d’une contrainte, d’une inexpérience. Son niveau de plaisir correspond par ailleurs souvent à la difficulté et à la quantité de ces obstacles qui ont été franchis. Être entraineur, c’est donc « pousser quelqu’un vers quelque chose » ; c’est « exercer un effet stimulant ». Quel entraineur n’a pas trainé et stimulé ses sportifs pour les convaincre de l’arrivée prochaine d’un futur heureux, pour qu’ils n’abandonnent pas après une déception soudaine, ou un défi complexe qui demandait une maitrise exigeante et des répétitions nombreuses ? Être entraineur, c’est en quelque sorte « amener quelqu’un à agir, à faire quelque chose en exerçant sur lui une contrainte ». Quel entraineur n’a pas non plus réfléchi et consacré des heures et des jours à la recherche d’exercices appropriés, à trouver les consignes adéquates pour donner de l’entrain, pour répondre au manque d’entrain du sportif, pour obtenir les mouvements justes, aux moments opportuns ? Si l’on veut comprendre la vraie mission de l’entraineur, il est par conséquent indispensable de lui associer deux verbes qui lui correspondent, qui répondent à toutes ses formes, dont les divers synonymes n’expriment jamais qu’un aspect particulier. Ce sont les verbes « enseigner » et « apprendre ». Apprendre, c’est d’abord élever, s’élever et c’est aussi former. Enseigner, c’est transmettre un savoir et apprendre, c’est faire acquérir une maitrise. Cela consiste à aider le sportif à apprendre et à se développer, à lui proposer des expériences d’apprentissage où il pourra perfectionner ses compétences et sa compréhension de son sport. Alors plutôt que d’imposer des « préparateurs physiques » et des « préparateurs mentaux » aux entraineurs, je préfèrerais donc qu’on impose aux « préparateurs physiques » et aux « préparateurs mentaux » de passer un diplôme d’entraineur. [...] L’entraineur possède donc aujourd’hui déjà des connaissances en psychologie, en physiologie, en management, en statistiques et dans bien d’autres domaines. Il en a déjà les bases. Ce dont l’entraineur aurait besoin c’est éventuellement de référents extérieurs, qu’il pourrait consulter si besoin, pour rester informer et se former dans le cadre d’une formation continue. Ce dont l’entraineur aurait besoin c’est de temps pour se former. C’est donc de pouvoir libérer du temps et donc de ne pas être seul à entrainer. Par conséquent d’être accompagné d’un autre entraineur. Quitte à ajouter une personne, autant ajouter un entraineur. À démembrer l’entraineur, à lui enlever des compétences au prétexte qu’il ne saurait pas faire, ce qui reste à démontrer, à laisser croire qu’il n’est compétent ni en psychologie ni en management, ni en physiologie ni en anatomie, on lui enlève ce qui fait sa spécificité : sa capacité à passer du complexe au simplexe, on lui enlève ses valeurs morales, son humanisme et l’universalité de ses interventions. Accessoirement, on dénigre aussi les formations universitaires. Si l’on considère qu’entrainer c’est enseigner, l’entraineur est un enseignant, un éducateur. Les enseignants n’ont pas de préparateurs mentaux, de préparateurs physiques, dans leur salle de classe. Ils se forment dans ces différents domaines. Cela suffit à améliorer leur métier, à mieux assurer leurs missions. Alors cela ne veut pas dire que la préparation mentale et la préparation physique ne sont pas utiles. Cela signifie que ce sont des spécialités du métier d’entraineurs, des spécialisations accessoires.
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