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About Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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- 23 Aug 2024
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6 Nov 2026
À la Une: élections municipales en Afrique du Sud sur fond de crise sociale
« C’est une élection historique pour l’Afrique du Sud », titre le Mail and Guardian (https://mg.co.za/news/south-africa/2026-11-05-a-historic-election-for-south-africa/), face aux nombreux problèmes auxquels sont confrontés les Sud-Africains. « Partout dans le pays, nous dit-on, les défaillances des services publics ont dominé le débat. Coupures d’eau, coupures d’électricité, routes dégradées, problèmes de gestion des déchets, scandales de corruption et effondrement des finances publiques ont éclipsé les débats idéologiques traditionnels qui ont caractérisé les élections précédentes. » Des doléances qui ont, semble-t-il, été entendues. « Tous les grands partis, explique le Mail and Guardian, ont reconnu que les électeurs exigeaient des solutions de gouvernance concrètes plutôt que des promesses creuses. » C’est le cas des jeunes chômeurs, toujours plus nombreux, explique The Star (https://thestar.co.za/news/2026-11-05-jobless-youth-voice-frustration-as-south-africans-vote/), des jeunes chômeurs qui « expriment leur frustration ». Selon une enquête récente, précise le journal, « le chômage chez les jeunes de 15 à 34 ans atteint 47,4 % de la population active ». À lire aussiAfrique du Sud: le taux de chômage du pays, le plus élevé au monde, a encore grimpé (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240818-afrique-du-sud-le-taux-de-chômage-du-pays-le-plus-élevé-au-monde-a-encore-grimpé) The Star a rencontré Maloka, une jeune femme qui témoigne : « On a l’impression que les diplômes et l’expérience ne valent plus rien. Si on ne connaît personne ou si on n’a pas les moyens de se payer un emploi, on est laissé pour compte. » Pour Maloka, conclut le journal sud-africain, « l’élection est une nouvelle occasion de réclamer du changement ». À écouter aussi - Afrique économieFace au chômage, la jeunesse sud-africaine crée elle-même des emplois (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-économie/20251109-face-au-chômage-la-jeunesse-sud-africaine-crée-elle-même-des-emplois) Révolte dans le bidonville Une élection que certains Sud-Africains ont toutefois choisi de boycotter. C’est ce que nous raconte le Cape Times (https://capetimes.co.za/lge2026/2026-11-05-covid-informal-settlement-residents-boycott-election-over-lack-of-services/), qui s’est rendu dans un bidonville où « les habitants ont voté avec leurs pieds pour dénoncer ce qu’ils ont décrit comme des promesses vides de la part du gouvernement ». Ces habitants « affirment vivre en situation de COVID depuis 2020 et se disent las de devoir sans cesse solliciter de l’aide, sans constater de changements significatifs ». Le Cape Times a interrogé un responsable communautaire, Bandile Gali, qui explique ainsi : « Nous voulons que l’eau courante et l’électricité soient installées. Nous ne pouvons plus aller chercher de l’eau dans les communautés voisines… » « Cela fait trente ans que nous sommes en démocratie », souligne ce responsable communautaire, selon lequel « le manque persistant de services essentiels a donné à la communauté le sentiment d’être négligée et oubliée ». Et il ajoute encore : « Vivre dans un bidonville ne devrait pas nous priver de dignité, de conditions de vie décentes et de services de base. Nous ne voterons pour personne, tant qu'il n'y aura pas de parti politique qui réponde à nos besoins. » À écouter aussi - Afrique économieAfrique du Sud: les habitants de Johannesburg privés d’eau à cause des infrastructures vieillissantes (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-économie/20251103-afrique-du-sud-les-habitants-de-johannesburg-privés-d-eau-à-cause-des-infrastructures-vieillissantes) L'ANC en perdition C'est l’ANC, le parti historique au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, qui va certainement faire les frais de ce mécontentement général. Selon Sowetan (https://www.sowetan.co.za/news/2026-11-06-anc-faces-losses-as-municipal-election-results-shift-to-coalition-talks/), « les premiers résultats électoraux indiquent que l’ANC est sur le point de perdre sa majorité dans toutes les grandes métropoles sud-africaines ». À lire aussiÉlections locales en Afrique du Sud: un nouveau test pour l'ANC marqué par l'érosion de son électorat (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261104-élections-locales-en-afrique-du-sud-un-nouveau-test-pour-l-anc-marqué-par-l-érosion-de-son-électorat) Le journal sud-africain ajoute même que « l’ANC se dirige vers un résultat catastrophique dans les principales villes du pays, et si la tendance se poursuit, ajoute Sowetan, elle devra se démener pour former des coalitions si elle veut continuer à jouer un rôle dans la gouvernance des conseils municipaux ». C’est également le point de vue d’Afric Telegraph (https://africtelegraph.com/blog/afrique-du-sud-les-elections-municipales-fragilisent-davantage-lanc/) selon lequel « les élections municipales fragilisent davantage l’ANC ». Ce qui aura des conséquences pour l’ensemble de la classe politique. Car, ajoute le site d’informations panafricain, « le paysage politique sud-africain apparaît désormais fragmenté entre plusieurs partis, rendant difficile la constitution de majorités municipales stables ». Tout comme Sowetan, Afric Telegraph estime que « ces rapports de force pourraient conduire à la multiplication des gouvernements locaux de coalition, déjà présents dans plus d’un tiers des municipalités ». À lire aussiAfrique du Sud: un vote dans le calme, l’ANC contesté à Johannesburg et Durban (https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261105-afrique-du-sud-un-vote-dans-le-calme-l-anc-contesté-à-johannesburg-et-durban)

3 Nov 2026
À la Une: les midterms vus d’Afrique
« L’Amérique est aux urnes (ce mardi) et le monde est en apnée », s’exclame L’Observateur Paalga (https://www.lobservateur.bf/index.php?option=com_k2&view=item&id=7835:elections-de-mi-mandat-aux-usa-l’amérique-aux-urnes,-le-monde-en-apnée&Itemid=112) à Ouagadougou. « Deux ans après avoir déposé ses pénates dans le Bureau ovale, le démiurge à la chevelure peroxydée fait désormais figure de héros maudit (…). Même dans le camp MAGA, le charme n’opère plus. L’alchimie du cœur a laissé place au haut-le-cœur. Plus rien ne va entre Donald Trump et une bonne partie de l’électorat qui l’avait porté au pouvoir en novembre 2024 (…). Les Américains attendaient Cincinnatus, ils ont rencontré Néron. La déception est totale. » Et L’Observateur de s’interroger : « ce profond désamour se manifestera-t-il dans les urnes en ce jour de vote pour le renouvellement de l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants et de 35 sièges sur les 100 que compte le Sénat ? » Très certainement. « Et en cas de victoire démocrate, pointe le quotidien burkinabé, le locataire de la Maison Blanche sera bridé par la limitation de ses marges de manœuvre budgétaires et institutionnelles. Sans compter l’avalanche d’enquêtes parlementaires que les démocrates se feront le plaisir d’enclencher contre lui et son entourage sur lesquels pèsent de nombreux soupçons de corruption, de conflits d’intérêts et prévarication. L’Amérique renouvelle son Congrès, le monde entier retient son souffle. » Une victoire démocrate ? Quelles implications pour le continent ? « Pour l’Afrique et le Sahel, ces élections représentent un enjeu concret », pointe pour sa part WakatSéra (https://www.wakatsera.com/elections-de-midterms-quelles-consequences-pour-la-paix-et-pour-lafrique/). Sous Trump, « l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international) a mis fin à ses programmes au Burkina Faso, au Mali et au Niger, (entre autres) au motif d’un lien jugé faible entre l’action humanitaire et l’intérêt national américain. Et l’Agoa (la loi américaine qui accorde aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain), n’a représenté que 0,7 % du commerce américain l’année dernière (…). Une majorité démocrate pourrait, estime WakatSéra, réexaminer les droits de douane qui frappent les pays du continent et restaurer l’USAID, mais en posant des conditions sur les droits humains et la gouvernance. » « Qu’est-ce qu’une victoire démocrate changerait pour l’Afrique ? », s’interroge en écho Jeune Afrique (https://www.jeuneafrique.com/1855086/politique/elections-de-mi-mandat-aux-etats-unis-ce-quune-victoire-democrate-changerait-pour-lafrique/). Tout d’abord, « de nouvelles enquêtes parlementaires pourraient être lancées, sur fond de soupçons de conflits d’intérêts, contre Massad Boulos, le conseiller de Trump pour les affaires arabes et africaines. » Ensuite, « les démocrates pourraient exiger davantage de transparence dans les accords transactionnels, notamment sur les minerais stratégiques africains. Les droits de douane imposés par Trump pourraient être annulés. Enfin, un Congrès démocrate pourrait favoriser la reconduction de l’Agoa, qui permet (donc) à certains pays d’Afrique subsaharienne d’exporter sans droits de douane vers les États-Unis. » En revanche, croit savoir Jeune Afrique, « les démocrates ne devraient pas tenter de ressusciter l’Agence américaine pour le développement international (l’USAID), démantelée par Trump. Leur priorité serait de préserver les financements humanitaires, sanitaires et de développement désormais gérés par le département d’État. » Le double coup de poker iranien… Autre implication d’une défaite de la majorité républicaine au Congrès : « une dangereuse fuite en avant militaire contre l’Iran », c’est ce que relève le site Mondafrique (https://mondafrique.com/moyen-orient/donald-trump-entre-possible-defaite-electorale-et-nouvelle-guerre-avec-liran/). En effet, avant l’entrée en fonction officielle du nouveau Congrès début janvier, Trump a une fenêtre de deux mois au cours de laquelle il pourrait tenter un double « coup de poker » contre le régime de Téhéran. « C’est le danger », souligne Mondafrique : « Après l’élection, le Congrès élu pour le contenir ne disposera pas encore de ses pouvoirs. » Et pendant deux mois, « Trump pourrait tout tenter en espérant aboutir à un effondrement du régime, la défaite électorale s’effacerait alors derrière une victoire historique à l’étranger. Ou alors, il pourrait se heurter à une résistance iranienne acharnée qui entraînerait pleinement l’Amérique dans la guerre. Le premier coup de poker vise la victoire. Le second risque de léguer au prochain Congrès une guerre dont il héritera sans l’avoir choisie. »

2 Nov 2026
À la Une: la fin de la Minurso
Après 35 ans d’existence, la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, a vécu hier dimanche ses derniers instants, au terme d’une véritable partie de bras de fer entre les États-Unis et la Russie. « Vendredi dernier, rapporte Jeune Afrique (https://www.jeuneafrique.com/1857884/politique/plan-americain-veto-russe-surprise-a-lonu-ou-la-mission-au-sahara-nest-pas-reconduite/), les membres du Conseil de sécurité ont appelé à poursuivre les négociations pour assurer l’avenir de cette force mise en place en 1991. Les États-Unis portaient un texte, soutenu par onze membres du Conseil sur quinze, prolongeant la mission pour un an et plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du règlement du conflit au Sahara occidental. Depuis cinquante ans, rappelle le site panafricain, celui-ci oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Ce changement d’approche se serait traduit par la modification du nom de cette force en “Minuso“, sans mention d’un référendum sur l’autodétermination de ce territoire, colonie espagnole jusqu’en 75 puis contrôlé en majeure partie par le Maroc, mais considéré comme un territoire non autonome par l’ONU. « Phase de liquidation » « C’était sans compter, s’exclame Jeune Afrique, les rebondissements dont le Conseil de sécurité peut parfois être le théâtre. Critiquant une “approche unilatérale“, la Russie – soutenue par la Chine et la Somalie – a finalement bloqué ce projet de résolution et proposé une reconduction du mandat de la mission dans les mêmes termes que précédemment. Les États-Unis ont voté contre et les pays qui soutenaient la résolution américaine se sont abstenus. » Résultat, pointe Le Monde Afrique (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/11/01/sahara-occidental-la-disparition-annoncee-de-la-mission-de-l-onu-ouvre-une-periode-d-incertitudes_6804008_3212.html), « la mission onusienne s’achemine donc vers une “phase de liquidation“, sans résolution pour accompagner son départ. L’évacuation de ses quelque 350 membres, militaires et civils, la fermeture de ses sites à l’est et à l’ouest du “mur des sables“ – censé prévenir les incursions du Front Polisario dans le territoire sahraoui administré par le Maroc – ainsi que le transfert de ses équipements pourraient prendre “plusieurs mois“, prédit une source interne. » Rabat jubile… Au Maroc, les autorités se réjouissent. « Le veto russe a débarrassé le Maroc d’une mission qui ne servait plus que ses adversaires. Spassiba, Moskva ! » (Merci Moscou !), lance Le 360 (https://fr.le360.ma/politique/le-veto-russe-ou-le-service-involontaire-rendu-au-maroc_2ULKCHVKJBHMPNI5IZ52WSO3ZY/), site marocain proche du pouvoir. Désormais, pointe Le Desk (https://ledesk.ma/enclair/sahara-le-nouveau-parcours-dobstacles-du-maroc-a-la-quatrieme-commission/), autre site marocain, « la fin de la Minurso ouvre un second front pour Rabat : faire admettre aux Nations unies que le statut du territoire est réglé. Il lui faudra pour cela convaincre une majorité des 193 États membres, alors qu’il approuvait encore, il y a deux semaines, le texte qui maintient le dossier dans son cadre actuel. » « Une nouvelle donne pour le Maroc », renchérit Le Matin (https://lematin.ma/nation/sahara-marocain-la-fin-de-la-minurso-et-une-nouvelle-donne-pour-le-maroc/373482). « Rabat entend désormais défendre quatre paramètres (lors d’éventuelles futures négociations) : l’initiative d’autonomie comme seule base des discussions, l’autonomie sous souveraineté marocaine comme finalité, la participation des quatre parties concernées et la définition préalable d’un cadre précis. » Alger grimace… Côté algérien, on dénonce « l’échec du renouvellement du mandat de la Minurso », relève Le Matin d’Algérie (https://lematindalgerie.com/sahara-occidental-alger-denonce-lechec-du-renouvellement-du-mandat-de-la-minurso/). « Alger critique particulièrement le contenu du projet américain, qu’il accuse de favoriser la position marocaine et de remettre en cause le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. » Le site Algérie Patriotique (https://algeriepatriotique.com/2026/11/01/le-spectre-dun-retour-a-la-guerre-apres-la-chute-du-dernier-rempart-au-sahara-occidental/) fulmine et évoque « le spectre d’un retour à la guerre : à court terme, écrit-il, les populations de la région paieront le prix fort de cette realpolitik à courte vue. La disparition des observateurs ne résout en rien le conflit. Au contraire, elle ne fait que lever les derniers voiles qui masquaient une poudrière prête à s’embraser sous les auspices complices du régime marocain et de l’establishment Trump. » Est-ce vraiment la fin de l’histoire ? Enfin, relève Afrik.com (http://afrik.com), « hier, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a pris acte de la fin de la mission onusienne, mais a réaffirmé que cette disparition ne remettait pas en cause le droit du peuple sahraoui à décider de son avenir. Une prise de position qui contraste avec la volonté du Maroc de tourner définitivement la page du conflit. Les Nations unies comptent poursuivre leurs efforts en faveur d’un règlement par l’intermédiaire de l’envoyé personnel du secrétaire général. (…) Cette déclaration d’António Guterres, relève encore Afrik.com (http://afrik.com), conforte la lecture d’Alger et du Front Polisario, pour qui le départ des observateurs ne saurait être assimilé à une reconnaissance internationale de la souveraineté marocaine. » 50 ans après le départ du colonisateur espagnol, le dossier sahraoui est donc loin d’être refermé…
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