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About L'instant bookiniste
L'instant bookiniste
- Publisher
- SUN | Le Son Unique
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- society & culture
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- 21 Apr 2023
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- 12 Apr 2024
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12 Apr 2024
L'instant bookiniste - Saison 02 - épisode 31- "Le dôme de la Méduse" de Pierre Raufast
"Le dôme de la Méduse" de Pierre Raufast la trilogie baryonique volume 3 paru en mars 2024 aux éditions "Les Forges de Vulcain" Plus que quelques jours avant de recevoir des nouvelles du système de la Tortue !Le manuscrit devrait être transmis par le portail spatio-temporel de la rue des Vieilles Douves à Nantes, la cité de l'imaginaire ... j'ai réservé le mien ...Au n°15, l'Atalante, c'est le rendez-vous de tous les martiens et vénusiens, c'est l'éditeur-librairie de tous les monstres intergalactiques et de tous les aliens dégoulinants de saletés cosmiques.C'est qu'on en croise dans la ruelle de drôles de pèlerins ! Mais ça marche aussi dans toutes les bonnes librairies de France, de Navarre et de la galaxie.Si vous vous êtes mis à la bourre, il vous reste deux jours pour lire les deux tomes précédents et ce sera sans le plaisir d'y flâner.Tant pis pour vous !Et méfiance !Le voyage jusqu'aux confins du système de la Tortue, ça vous bouffe vite fait un week-end ...Il va sans dire qu'après lecture, cette chronique provisoire s'autodétruira pour laisser place à une véritable critique torchée avec brio et talent, toute chaude sortant du four et d'une dernière page tout juste refermée :"Le dôme de la méduse" est le troisième et dernier volet de la trilogie baryonique écrite par Pierre Raufast.Il a été publié en mars 2024 par les éditions "Aux forges de Vulcain".Le premier tome de la trilogie baryonique, "la tragédie de l'Orque", avait créé l'événement et s'était inscrit dans la sélection des cinq romans SF retenus pour concourir en 2023 au prix littéraire des Utopiales de Nantes.Le second volume, "Le système de la tortue", avait repoussé l'aventure jusqu'aux confins des galaxies et y avait introduit tous les possibles.Troisième et dernier opus, "Le dôme de la méduse", avant même d'avoir été écrit, avait déjà beaucoup promis et semblait devoir venir culbuter les limites de l'humanité ...Par Zarathustra !Que Dieu me savonne et qu'Arthur C. Clarke me pardonne, mais il y a là de quoi faire friser la barbe de Stanley Kubrick !C'est qu'il m'a semblé que ... Mais bon sang, mais c'est bien sûr !Mais électriques ou pas, revenons à nos moutons : - le 25 juillet 2176, à bord de l'Orca-7459, Sara Mc Teslin, la commandante de l'expédition, a déclenché un code MES ...Mais que peut donc bien être un code MES ?Ce roman est assez technique, ça a été depuis le début de la trilogie, la marque de fabrique de Pierre Raufast : "l'incompréhensible, bien compris" !Ici, plus que dans les deux autres volumes, cela semble avoir un peu gêné la progression du récit.De plus, Pierre Raufast, très vite y a délaissé l'aventure sidérale pour y privilégier une espèce de déroulé de petites manipulations et de grandes duperies terriennes.C'est que l'enjeu est de taille !Mais l'on n'en saura guère plus sur les autres, et notre solitude continuera de soudre dans l'espace infini de l'univers, avec cependant une petite lueur d'espoir braquée vers l'avenir.D'où vient ce dôme d'antimatière ?Que peut bien signifier ce rayon laser pointé vers l'espace ?Sommes-nous vraiment seuls ?Qui sommes nous ?D'où venons nous ?Et dans quel état j'erre, moi qui viens de refermer ce livre ?Mais si ce roman est un épilogue alourdi de quelques longueurs, il n'en demeure pas moins un excellent roman de science-fiction.Il propose des pistes de réflexion sur notre éthique et notre appréhension de l'intelligence artificielle, sur la communication possible avec l'autre et l'ailleurs hors de toutes références, sur l'origine de la vie."Le dôme de la méduse" est un livre intelligent et un peu exigent à la lecture.Ce n'est pas un récit rugissant des tuyères d'une exploration intersidérale.Ce serait plutôt une interrogation sur nous-même et sur notre monde à venir.Mais n'est-ce pas là, le rôle qui a été dévolu à la science-fiction depuis que le genre a mûri, depuis qu'il est sorti de l'ornière dans laquelle dès sa genèse il avait été jeté, cantonné qu'il était dans les mauvaises éditions par l'incompréhension des véritables littérateurs sérieux et reconnus avant même d'être connus ?Mais était-il vraiment raisonnable de s'aventurer dans l'espace à la recherche de petits bonhommes verts hypothétiques, de lire de la SF, de la BD et autres fariboles du même tonneau ?Quoi qu'il en soit le roman de Pierre Raufast a crevé le plafond de Gillou, bien plus bas, il faut bien le dire, que celui de Tao.Ce livre, pris dans l'ensemble de sa trilogie, est un roman ambitieux qui aura, peut-être, certainement même, repoussé un peu plus encore les limites du genre ...

5 Apr 2024
L'instant bookiniste - Saison 02 - épisode 30- "Mort à l'université" de Jean-Yves Le Naour
"Mort à l'université" de Jean-Yves Le Naour paru le 20 mars 2024 aux éditions "Calmann Lévy" Le capitaine Tarate est devenu le pestiféré du commissariat de Toulouse.C'est donc tout naturellement que le commissaire Quincampoix lui a refilé une affaire apparemment banale.François Godefroy, un enseignant de l'université du Mirail n'est pas rentré chez lui.Banale histoire de fesse ? Fugue ?Seulement voilà, François Godefroy est retrouvé assassiné.Et un autre enseignant, André Limon est retrouvé mort lui aussi, abattu avec la même arme ...Et quelle arme !Que Dieu me savonne et que le colonel Moutarde me pardonne, mais on ne me la fait plus.J'ai quelques parties de Cluedo au compteur !L'arme du crime est la plume, et la victime n'est pas plus Mlle Rose que François Godefroy ou André Limon.Le fin mot de l'énigme d'ailleurs ne serait-il pas révélé dans le titre ?"Mort à l'université" est le dernier livre de Jean-Yves le Naour, qui vient d'être publié aux éditions "Calmann-Lévy" le 20 mars 2024.C'est un très bon roman policier.Le récit s'amorce tranquillement.La lecture commence, popote et benoîte, et puis le fil s'étire de manière originale et plaisante vers un épilogue que l'on n'aura pas vu venir.Il est retors ce capitaine Tarate, et futé qui plus est !Il va l'avoir sa promotion, enfin peut-être ...Suspens !Le récit est piqueté d'humour mais pas seulement.On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'une des victimes collatérales de cette affaire est bien le système affairiste de l'université."Mort à l'université" !L'auteur avait pourtant prévenu.Mais il se peut que tout cela ne soit qu'une fausse piste.Quoiqu'il en soit dans les remerciements en postface, Jean-Yves le Naour dit de son roman qu'il a été publié dans "un moment d'égarement".Pourtant dès la dernière page tournée, le plaisir est bien réel d'avoir lu un efficace et captivant roman policier.De plus, pour en finir, j'y ai compris -Enfin ! - pourquoi durant toute ma scolarité j'ai pu me demander où pouvaient bien s'habiller les profs.Il y a là aussi un secret révélé qui n'est pas négligeable ...

29 Mar 2024
L'instant bookiniste - Saison 02 - épisode 29- "Passage de la ligne" d'Edouard Peisson
"Passage de la ligne" d'Edouard Peisson paru en 1935 aux éditions "Grasset", et réédité, en 1946, au "Livre Moderne Illustré" des éditions "J. Ferenczi et fils" avec des illustrations de Marcel Mouillot. Le "Pèlerin" était un cargo de 2500 tonnes de la "Dreyfuss et Cie" De Marseille.Après avoir relié pendant deux ans les comptoirs africains à la cité phocéenne, le vieux "Pèlerin" était fatigué, usé par tous ces milles parcourus.Ses tôles gémissaient, son moteur était à bout de souffle et son équipage ne pensait qu'au retour prochain.Mais à Dakar, l'agent général de la compagnie, Mr Alexandre, avait décidé que le vieux cargo devrait faire route vers Rio de Janeiro et devrait donc passer la ligne de l'équateur ..."Passage de la ligne" est un petit roman, ou une longue nouvelle d'un peu plus d'une centaine de pages, d'Édouard Peisson.Il a été publié en 1935 aux éditions "Grasset", et réédité, en 1946, au "Livre Moderne Illustré" des éditions "J. Ferenczi et fils" avec des illustrations de Marcel Mouillot.Et, ces illustrations, à la fois discrètes et cardinales, ouvrent chacun des chapitres du livre.La personnalité singulière et le talent de Marcel Mouillot ont délicatement posé sur cette édition un petit supplément d'âme au roman d'Edouard Peisson.Entre 1900 et 1930, la marine marchande qui vient déjà de subir le passage de la voile à la motorisation, connaît encore et toujours de nouvelles transformations : les bateaux s'affinent, la radiotélégraphie fait son apparition, la vapeur cédera bientôt la place au diesel ..."Le Pèlerin" ne possédait, lui, aucun moyen de transmission avec la terre.Ce qui a son importance dans le récit.Ce détail, induit mais non précisé par Edouard Peisson, va imprimer à son roman tout son caractère tragique.L'équipage est prisonnier du vieux navire et de l'océan."Passage de la ligne" est un huis-clos étouffant où il ne sera aucunement question d'un quelconque baptême de franchissement de l'équateur.Pas de tribunal où trône Neptune !Pas de convocation à aller chercher dans l'endroit le plus improbable du bord !L'équipage du "Pèlerin" a bien d'autres soucis en tête ...Édouard Peisson, comme à son habitude, nous offre un récit où il privilégie la peinture des personnages à celle des décors qu'il ne tend qu'en arrière plan.Pourtant, la chaleur est ici un des éléments essentiels, tellement bien saisie dans l'écriture qu'elle en devient presque tangible.Soudain le matelot Monteil est pris de douleurs aux reins.Son corps devient rouge brique et il ressent une forte douleur au côté droit du front, jusque dans la nuque.Pris de frissons de froid et enfermé dans une impression de brûler, le matelot Monteil est au plus mal.Le matelot Monteil est mort !Latour, un matelot chauffeur est malade à son tour ...Qu'est-ce qu'il y a donc à bord ?Edouard Peisson fait monter la tension jusqu'à presque la révolte, jusqu'à l'angoisse.L'épilogue est assez inattendu.L'auteur s'était mis une tragédie de côté pour finir dans l'émotion et le sentiment.Mais tout ici est maîtrisé et reste plausible.Il n'y a pas de place pour le larmoiement et la pleurnicherie ridicule.Edouard Peisson est trop attaché à ses personnages pour sombrer dans ces travers d'hypersensibilité et d'exagération.Ce roman est passionnant.C'est l'histoire de Pierre Ledur, un jeune lieutenant qui n'aimait que naviguer au Nord, et qui pourtant, par hasard et par fatalité, de retrouva embarqué sur le "Pèlerin" ...
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