

Littérature Sans Frontières • Fréquence Terre
Littérature Sans Frontières – Fréquence Terre
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La Radio Nature • Info environnement, musiques du monde, ambiance Nature
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- Littérature Sans Frontières – Fréquence Terre
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- 13 Jul 2013
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- 13 Jun 2023
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13 Jun 2023
Lectures estivales en Terres de France
Elles en ont de la chance les éditions des Presses de la Cité d’avoir une pléthore d’auteurs qui les alimentent en récits dits de terroir dans leur mythique collection à succès « Terres de France » ! Coup sur coup, quatre titres m’ont été proposés, celui de Didier Cornaille, Les Arrosoirs de Casamance a directement attiré mon attention par cette histoire de combat pour la sauvegarde de la Nature qui, je vous l’avoue, m’agrée davantage que des récits des deux dernières guerres mondiales qui commencent à devenir récurrentes. C’est classique. Ce que promoteur immobilier acoquiné aux politiciens veut, généralement le citoyen n’en veut pas. Car, arcbouté à, je cite, l’accroissement exponentiel de ses profits, comme le souligne l’auteur, ledit promoteur n’a aucune empathie ni le moindre remords à imposer son projet titanesque qui défigure un immense pan de la nature bourguignonne, sans compter avec un déséquilibre irréversible dans la vie quotidienne de La Louverie, paisible et charmant village où forêt, rivières et colline suffisent à perpétuer une vie rurale devenue tellement précieuse. Et, déboussolés, ce furent les habitants qui réagirent, à l’instar de Benoit, la quarantaine, qui a choisi de gérer la ferme familiale au lieu de partir à la ville comme fonctionnaire ou commerçant. Durant ce temps, la machine immobilière, de mèche avec un retraité d’affaires nichant au château, a dans ses cartons une zone commerciale et un tentaculaire lotissement. Imaginez une belle et grande plaine verdoyante transformée en temple de la consommation avec, je cite encore l’auteur : « La grande distribution, celle qui se soucie peu des petits commerces, avec ses énormes enseignes lumineuses, ses parkings toujours grouillants d’activités… », il y a de quoi être inquiet et réagir pour sauvegarder ce qui peut encore l’être. Mais, que manigance-t-on exactement au château blotti, là-haut, dans la forêt, qui semble défier ces bouseux de villageois ? Que vient faire la belle Irma qui cohabite avec Rodolphe, enfant du pays magouilleur ? Quel est le projet de cet ancien bûcheron devenu patron d’une exploitation forestière ? La Louverie ne veut pas mourir, la lutte est déclarée, la jolie Irma et l’agriculteur Benoit semblent tisser une belle relation intime, alors que Rodolphe prêche le faux pour savoir le vrai dans cette affaire immobilière avec certains qui préfèrent les petites fleurs, le chant des oiseaux et les sous-bois… Que cache réellement cette histoire ? Et, celle de Frédérick D’Onaglia, auteur des Princes de la vallée ? Dans cet autre récit, on voyage dans les Alpilles et le Parc des Cygalines, synonyme d’indiscutable richesse patrimoniale provençale. Ici, aussi, il est question de travaux et de mainmise sur cet endroit exceptionnel. Cependant, si la directrice du parc, Claire, désire ardemment sauver une chapelle et une stèle menacés par un projet d’agrandissement, elle a à vivre un présent douloureux sur le plan physique et moral qui, subtilement, réveille en elle un troublant passé. La lutte de Claire face à la détermination de Victoire de Montauban dans la gestion du parc, soulève des passions, des moments de suspicions, des accrochages dans Fontvieille, le village où se déroule cette histoire. Avec Un été à Cameline, d’Aurélie Hardelé, on ne quitte pas les champs de lavande, là-bas, entre mont Ventoux, le Chauve, et le Luberon. Naïs, 29 ans, est d’ailleurs rentrée dans son village natal après plus d’une décennie de vie parisienne, mais le cœur est lourd avec le décès de sa mère, un mariage malheureux, une carrière professionnelle tirée comme un boulet. Mais, elle vient d’hériter une propriété agricole avec de la lavande à perte de vue et, parmi les champs et les savons, il y a un gîte. Dans ce chaud décor, Naïs va être aux prises avec un fameux dilemme : Gabriel, ami d’enfance, et elle, c’est trop de souvenirs,

27 May 2023
Décadanse et débandade : l’obsession de Patrick Buisson
Patrick Buisson, politologue, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et collaborateur de l’ancien média de droite extrême Minute, après son essai Fin d’un monde paru en 2021, dans lequel il clamait à tire-larigot que tout était mieux avant Mai 68, ce pamphlétiste conservateur vient de sortir Décadanse – d.a.n.s.e – chez Albin Michel. Soit un ouvrage qui évoque principalement la révolution sexuelle des années soixante-dix et la nouvelle religion, selon lui, l’hédonisme avec son lot de culte de l’ego, de comportements à la Gainsbourg, celui qui inventa le terme « décadanse » où, écrit-il, Ménie Grégoire qui sévissait sur les ondes de Radio Luxembourg s’obstinait à vouloir faire des ménagères des machines à produire des orgasmes en rafales. Cinq cents pages, c’est long, très long, surtout qu’il y en a une bonne quinzaine en petits caractères serrés rien que pour évoquer les sources de cet essai. Amour dit libre, contraception, IVG, consommation et spectacularisation du corps, la belle et érotique Emmanuelle, Françoise Sagan, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau et les autres, masturbation, couplisme, l’amour au féminin, la féminisation, l’abolition du patriarcat, tout, vraiment tout, est passé à la moulinette par Patrick Buisson. C’est bien écrit, il faut être objectif, c’est super documenté, reconnaissons-le. Parfois, cela fait s’esclaffer. Un rire parce que ça fait marrer ou, alors, un rire en forme de sarcasme. Ainsi, quand l’auteur, en parlant de celle qui fit fantasmer des hordes d’hommes, c’est-à-dire Brigitte Bardot, il la présente comme une figure féminine de désordre qui va contribuer à infléchir les comportements amoureux et comme un produit raffiné de la haute bourgeoisie catholique, donc, une BB à l’érotisme insolite et insolant, ce n’est que l’apéro avant le plat principal. Celui du bon vieux ultra conservatisme que nous avons pourtant tenté de balayer en Mai 68. En vain, à lire Patrick Buisson. Sous le titre « Éloge à la masturbation », voici sa prose : « Outre le débat sur l’orgasme, la question de la légitimation de la masturbation focalise l’attention de tous ceux qui, à un titre ou l’autre, prétendaient au monopole de la manipulation symbolique des conduites privées. La répression de l’autoérotisme comme celle de la jouissance féminine appartenaient à cet ancien monde qui avait pour fondements la maîtrise de soi, la retenue et la dignité. » Et, une dernière citation pour le dessert et le pousse-café, voulez-vous ? Accrochez-vous. « La grande force du catholicisme avait été d’installer l’amour humain comme la figure par excellence de l’amour divin, le projet de Dieu sur les hommes qui se donnait à voir en lui et d’ajouter ainsi à l’expérience affective des couples ce supplément d’âme auquel le lien qui unissait les époux devait sa transcendance et sa sacralité. » Eh bien, sincèrement, je suis content d’avoir vécu jusqu’à présent, c’est-à-dire 77 ans, pour lire ça. Et, quand l’épilogue de cette brique a pour titre « Chant funèbre pour une génération maudite », je me dis que j’ai bien eu du mérite à vous parler de ce livre.

28 Apr 2023
Où est l’esprit de Mai 68 ?
Selon Clare Doyle, membre du secrétariat international du Comité pour une Internationale Ouvrière : « En France, comme dans beaucoup d’autres pays, il pourrait y avoir aussi une irruption soudaine de luttes de classes sérieuses. La désindustrialisation a détruit un demi-million d’emplois depuis 2001 dans la « ceinture de rouille » du Nord-Est de la France. Entre 2001 et 2006, il y eut une augmentation massive de la proportion du salaire d’un ouvrier utilisée pour payer ses besoins alimentaires de base et ses factures : de 50 à 75% », écrivait-elle en 2008, soit quatre décennies après les événements de Mai 68 Ces événements, écrit-elle encore, ont aussi démontré de façon concluante que la révolution socialiste ne peut être mise en œuvre par une autre classe que la classe ouvrière elle-même. En France, en 1968, avec la puissance importante de la classe ouvrière et le soutien des classes moyennes, la révolution socialiste aurait pu être menée à bien pacifiquement en quelques jours, conclut-elle. Et en 2023 ? Geoffroy de Lagasnerie, auteur de Sortir de notre impuissance politique paru chez Fayard, indique : « Dès que nous nous plaçons en position défensive, les forces réactionnaires progressent car nous sommes condamnés, dans le moment même où nous luttons, à présenter comme norme positive l’ordre institué des choses. Les pensées réactionnaires, petit à petit, gagnent du terrain. Quand on critique une mesure en la qualifiant d’exceptionnelle, de régressive, on a tendance à vouloir retrouver, et donc conserver, l’ordre qui était là avant, alors que c’est précisément lui qu’il faut attaquer. » En somme, tout le travail de sape social-démocrate et de droite commencé par Mitterrand et poursuivi par les Sarkozy, Hollande et Macron a creusé un sillon au grand profit de Le Pen.
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