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by Ginkio

5.0(1 reviews)
54 episodes
Updated Daily
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Podcast Overview

Le monde des médias est en mutation. Comment informe-t-on aujourd’hui ? Et demain ?  Notre but, c’est de donner la parole à de nouvelles voix du monde des médias et de l’inspiration à toutes celles et tous ceux qui veulent lancer de nouveaux projets dans le monde de l’information. A Parte est produit par Ginkio (http://www.ginkio.com), la communauté des talents de l'information A Parte est un podcast animé par Jean-Baptiste Diebold. Idée originale : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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🇫🇷

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2/5/2019

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May 6, 2021

Tech Trash, la newsletter qui décape la startup nation, avec Lauren Boudard et Dan Geiselhart

<p>Réunis par l’idée de créer un média un peu pirate pour parler du monde de la tech, Lauren Boudard et Dan Geiselhart ont lancé en 2017 la newsletter <a href="https://www.techtrash.fr/">Tech Trash</a>. Ton ironique, visuels décalés, rubriques mordantes comme la fameuse “bulshit quote” de la semaine, ils ont rapidement trouvé une identité percutante, sans oublier le fond. Avec aujourd’hui plus de 30 000 fans de ce rendez-vous hebdomadaire.</p> <p>En avançant, le duo a vu tout le potentiel du format des newsletters. Ils viennent de réussir leur campagne de financement participatif pour lancer une nouvelle newsletter, <a href="https://www.climaxnewsletter.fr/">Climax</a>, sur le climat : 2000 personnes ont souscrit un abonnement payant. Parce que l’objectif pour eux est maintenant de vivre en développant ces petits médias. Et en accompagnant d’autres projets éditoriaux, grâce à leur studio judicieusement baptisé <a href="https://www.crrl.xyz/">Courriel</a>.</p> <p>---</p> <p><b>Pour aller plus loin</b> </p> <p><a href="https://www.crrl.xyz/"><u>https://www.crrl.xyz/</u></a></p> <p><a href="https://www.climaxnewsletter.fr/"><u>https://www.climaxnewsletter.fr/</u></a></p> <p><a href="https://www.techtrash.fr/"><u>https://www.techtrash.fr/</u></a></p> <p><u>---</u></p> <p><b>L’essentiel de l’épisode</b> </p> <p>04:20 Tech trash est né d’un constat mêlé d’une frustration : dans le milieu feutré de l’innovation, beaucoup de choses se disent en off et bien souvent dans les médias on trouve surtout les levées de fonds. Il y a assez peu de critiques. Quand on s’est lancé en 2017, la startup nation avait le vent en poupe.</p> <p>06:45 On s’est positionné avec notre ton : on parle un peu des mêmes choses que dans les médias tech mais un peu différemment, en mettant en lumière les trucs qu’on aime pas. Les lecteurs trouvaient chez nous quelque chose qu’ils ne trouvaient pas ailleurs. L’idée était de proposer un récit alternatif au mythe entrepreneurial.</p> <p>08:15 On a réfléchi Tech Trash comme un média, avec de nombreuses rubriques. Il y a une tendance aux newsletters très incarnées, avec un édito écrit à la première personne. Nous, on a surtout voulu l’incarner par le ton et pas les personnes. Le Canard Enchaîné nous a inspiré, avec ses rubriques et son ton : on se sent un peu les pirates de la tech.</p> <p>09:55 Il y a une couche d’analyse et de données scientifiques, une couche de catharsis quand on pointe des propos absurdes et une touche d’humour et de poésie. Tout cela donne un ton unique. Et les rubriques permettent de créer un équilibre dans tout ce qu’on essaie d’insuffler dans la newsletter. On est assez différent des newsletters à l’américaine.</p> <p>10:40 Ces rubriques créent aussi le rdv toutes les semaines, certaines touchent les gens, les font marrer, notamment la fameuse “bullshit quote”. </p> <p>11:35 A la base, l’identité visuelle était à l’arrache. On l’avait dessinée seuls. On en a gardé le fait de prendre des photos et de réécrire dessus sur Paint pour le côté caricature et pirate qu’on aime bien. Plus tard, on a été accompagnés par un très bon graphique qui nous a refait notre identité visuelle plus précise qui fonctionne très bien et garde le côté dessiné à la main qu’on aime beaucoup.</p> <p>16:18 Souvent les newsletters sont des aventures individuelles. Pour nous ce n’est pas totalement le cas, du coup ça nous demande un travail de coordination et de ne pas trop avoir d’ego quand l’autre repasse sur le texte. On fait un très gros travail de veille, on s’envoie des notes et des commentaires sur un Google doc. On écrit puis on repasse sur les sujets de l’autre pour obtenir un ton uniforme même si on est deux. </p> <p>17:20 Tech Trash on le voit comme un collectif et beaucoup de gens nous envoient des infos. </p> <p>19:50 Au début on l’a fait sans réfléchir au business model, parce qu’on avait très envie de porter cette voix différente. On avait quand même envie que ce soit un vrai média, même si à l’époque, la newsletter était vue comme un hobby et tout le monde pensait que ça s’écrivait en 2h avant de l’envoyer.</p> <p>22:30 La publicité a été écartée de fait. Le payant, on a eu du mal à trancher. Du coup on s’est reporté sur le modèle du don parce qu’on avait atteint une communauté suffisamment grande  et avec un engagement suffisamment fort pour pouvoir espérer financer notre journée par semaine à de travail pour chacun.</p> <p>23:30 On a 30 000 abonnés et vu qu’on n’a jamais fait de pub, la croissance s’est faite par pics. Lorsqu’on avait des reprises dans un média ou que la newsletter était relayée par un influenceur, d’un coup on prenait 1000 abonnés. Maintenant, avec la taille, on gagne plusieurs centaines de nouveaux abonnés par semaine via le bouche à oreille.</p> <p>25:15 Beaucoup de nos abonnés les plus engagés bossent dans le milieu de la tech ou des startups, aussi des geeks, des passionnés des nouvelles technologies. </p> <p>La bonne surprise, ça a été que notre audience est assez équilibrée hommes-femmes. </p> <p>26:45 La tech est un univers codé et pour comprendre certaines bullshit quotes il faut le connaître pour comprendre la saveur.  Pour certains maintenant ça devient une manière de découvrir cet univers.</p> <p>28:00 Une autre bonne surprise ça a été que les gens répondent assez naturellement à la newsletter, comme si c’était le mail d’un pote. On a l’image du format de l’email qui est assez vertical et froid, et en fait il permet bien l’interaction. Et d’ailleurs on essaie de répondre à chaque mail.</p> <p>30:05 Au lancement de Tech Trash, on s’est posé la question du fond mais pas vraiment de la forme. C’est le fait d’avoir investi ce format durant 3 ans qui nous a convaincus qu’il est hyper intéressant à investir, notamment pour s’affranchir de contraintes d’un média traditionnel comme l’algorithme de Facebook pour diffuser les articles. Il n’y a pas d’effets extérieurs qui viennent parasiter, avec en plus une liberté de ton et de format.</p> <p>31:50 Pour nous, la newsletter est avant tout un format éditorialisé. C’est un peu le nouveau journal que tu reçois dans ta boîte mail plutôt que dans la boîte aux lettres.</p> <p>35:20 La newsletter existe depuis toujours, comme le podcast, et à un moment on s’est dit que c’est le renouveau du journalisme. Ce qu’on peut dire c’est que c’est un format sous utilisé et il y a plein de choses à faire. </p> <p>36:05 C’est un format pas très coûteux, à part en termes de temps. C’est un média très accessible, pas coûteux et pas compliqué techniquement. Cela permet à plein de monde de se lancer sur un sujet de niche, une thématique qui les passionne. Comme à l’époque des blogs ou des radios pirates. On a bien 10 ans devant nous.</p> <p>37:05 On n’est pas très loin d’en vivre assez raisonnablement. Il y a de la marge parce que c’est assez léger, pas besoin de générer un revenu trop important pour assurer une forme de pérennité.</p> <p>37:50 Avec Climax, on a basculé sur le payant. La campagne de financement participatif a permis de lever 3 fois plus qu’avec Tech trash en 3 fois moins de temps. Mais c’est vrai que c’est encore balbutiant en France, il n’y a que Brief me qui y arrive.</p> <p>39:55 La passion economy permet de générer des revenus qui donnent une liberté à des journalistes mais il y a aussi une vraie force dans le collectif, qu’on peut potentiellement perdre avec la solitude de la newsletter. Avec Climax, on veut recréer une dynamique de comité de rédaction. Je ne pense pas que tous les sujets seront épluchés pour ne devenir que des sous-verticales de niches. C’est plutôt un phénomène américain.</p> <p>On croit beaucoup à l’intelligence collective, de faire des projets à plusieurs.</p> <p>---</p> <p><b>Crédits </b></p> <p>Interview : <a href="https://twitter.com/xjbdx"><u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Idée originale :  <a href="https://twitter.com/elizco"><u>Elise Colette</u></a> et<a href="https://twitter.com/xjbdx"> <u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Design graphique :<a href="https://www.design216.com/"> <u>Benjamin Laible</u></a><br> Générique et habillage sonore :<a href="https://www.borislaible.com/"> <u>Boris Laible</u></a><br> Intégration web : <a href="https://www.florentjonville.com/"><u>Florent Jonville</u></a><br> Production : <a href="http://www.ginkio.com/"><u>Ginkio</u></a></p>

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April 1, 2021

Voxe a conquis 20.000 jeunes femmes en 1 an avec sa newsletter, avec Léonore de Roquefeuil

<p><a href="https://www.voxe.org/"><u>Voxe</u></a> jusqu’à fin 2019, avait la forme d’un chatbot sur Facebook Messenger destiné à aider les jeunes à s’engager dans le débat public, comme nous le racontait sa présidente Léonore de Roquefeuil dans l’<a href="https://ginkio.com/podcast/17/leonore-de-roquefeuil-donner-de-la-voix-aux-18-35-ans-via-messenger"><u>épisode 17</u></a> d’A Parte. Elle est revenue nous expliquer comment Voxe s’est transformée en une newsletter d’empowerment pour les jeunes femmes.</p> <p>Entre-temps, l’équipe a fait un gros travail sur son audience, pour identifier les personnes les plus engagées. Est alors apparue de manière un peu inattendue l’importance des jeunes femmes de 20 à 40 ans et leur besoin de s'informer différemment sur les sujets sérieux. Le rituel de la newsletter matinale s’est ainsi imposé, avec un ton très travaillé de discussion entre copines.</p> <p>Côté finances, le média veut équilibrer ses revenus entre ceux provenant de la communauté - club, programme de coaching et ces jours-ci <a href="https://www.voxe.org/dons"><u>campagne de donation</u></a> - et ceux issus de marques en affinité avec les valeurs du média.</p> <p><b>L’essentiel de l’épisode</b> </p> <p>[02:40] Voxe est un média d’actu et d’empowerment féminin qui fonctionne principalement via une newsletter qui s’appelle La Quotidienne</p> <p>[03:20] Il y a une partie actu, chaude ou tiède : 4-5 brèves sur l’actu éco, sociale, politique puis une actu centrale de 5000 signes pour entrer en profondeur. <br> La newsletter arrive chaque matin à 6h30 et permet d’être au point sur l’actu pour la machine à café ou la réunion zoom du matin. <br> La deuxième partie présente 5 piliers d’empowerment, différent chaque jour : travail, écologie, vie de la cité, argent, culture. </p> <p>A la fin du mail, on trouve une sélection de bons plans et un exemple d’une femme qui a fait quelque chose de remarquable, parce qu’on veut montrer des rôles modèles.</p> <p>[07:30] Le ton, c’est un peu la “sauce secrète” de Voxe : on l’a pensé comme une conversation. On considère que pour qu’une info soit bien assimilée, il faut se mettre à la place de la personne à laquelle on s’adresse. Le format questions-réponses est écrit vraiment avec les questions que nous nous posons.</p> <p>On vise les urbaines de 20 à 40 ans : on parle et on écrit comme nous on le fait avec nos amies, d’où beaucoup de références à la pop culture. Le but étant de donner la pêche à la personne qui nous lit.</p> <p>[10:30] Charlotte, qui a cofondé Voxe et est journaliste de formation, rappelle souvent les deux règles de journalisme : “est-ce que ça intéresse Mme Michu?” et la loi du mort-kilomètre. La réalité est très différente, notre audience par exemple est intéressée par des sujets très ardus, le Rwanda ou la dette publique.</p> <p>On a une section dédiée à l’échange. On l’utilise pour expliciter nos réflexions éditoriales. Tous les vendredis, on propose de voter sur les sujets de la semaine suivante. </p> <p>[15:35] La newsletter est un support très intéressant. Même les jeunes ouvrent leurs mails parce qu’il y a plein de services pour lesquels on a besoin d’un mail, c’est devenu l’équivalent de l’adresse postale. Mais c’est est vrai qu’on touche des gens moins jeunes que lorsqu’on était un chatbot sur Facebook Messenger. On est passé de 18-25 ans à 20-40 ans.</p> <p>La boîte mail est hyper intime : notre audience, ouvrir sa boîte mail c’est la première chose qu’elle fait dans la journée.</p> <p>La newsletter un outil qui est économiquement et stratégiquement hyper utile parce qu’on contrôle sa base de mails et qu’on évite d’être dépendant d’une techno qui n’est pas la sienne.</p> <p>[17:50] Jusqu’à fin 2019, on publiait l’actu sous forme d’un questionnaire via un chatbot sur Messenger. On avait environ 20 000 abonnés qui avaient entre 18 et 25 ans, avec lesquels on échangeait sous forme d’une conversation sur Messenger. </p> <p>On s’est rendus compte qu’on se lassait du format, qu’on était très contraints par Facebook Messenger et qu’on commençait à voir nos taux d’ouverture baisser, parce que Facebook changeait sa politique. <br> On a creusé nos données et on s’est rendu compte que 70% des personnes qui cliquaient ou s’engageaient étaient des jeunes femmes alors qu’on ne s’était jamais vus comme un média féminin. Du coup, on a mené une étude auprès des 500 plus actives de cette audience durant 8 semaines, avec un questionnaire par semaine, pour comprendre leur rapport à l’info : à quel moment elles s’informent, ce dont elles ont besoin. On s’est rendu compte que pour elles l’info est très anxiogène et qu’elles aimaient notre aspect positif et décomplexant. Elles aimaient aussi le côté pratique pour consommer l’info quand elles voulaient. </p> <p>[21:15] Les femmes paient moins pour de l’info. On s’est dit qu’il y avait un truc particulier à faire sur la presse généraliste pour ces jeunes femmes.</p> <p>[21:55] Sur la newsletter tu vois moins de choses que sur un chatbot. On pouvait savoir à quel moment de la lecture les gens s’arrêtaient. On a des données sur l’ouverture, le nombre de personnes qui cliquent et donc s’engagent. Les clics à la fin sont la seule façon de voir si les gens vont jusqu’au bout. </p> <p>[23:35] Tous les 6 mois on fait une étude approfondie auprès des lectrices.</p> <p>[24:20] Pour l’instant on se concentre sur la newsletter comme format auto-porteur pour avoir toute l’info sur un seul endroit et pour bien faire ça, c’est du travail. On a plein de demandes pour le podcast, notamment des mamans nous disent qu’en audio ce serait plus pratique le matin.</p> <p>Le problème du podcast c’est la monétisation.</p> <p>[26:40] On a conçu la newsletter comme un média communautaire. La première brique c’est le club. On l’a lancé en novembre. Il permet d’avoir plus de Voxe : d’autres contenus, notamment la “Friteletter” une fois par mois sur un sujet déployé un peu comme le fait le magazine Le 1, une conférence d’empowerment chaque mois. Actuellement, on augmente l’offre pour donner accès en permanence aux archives de la newsletter.</p> <p>[30:50] On cible les jeunes marques de la transition, des vêtements, de la cosmétique, des services, qui mettent les utilisatrices au centre et pensent à la planète et à leur impact sur la société. L’idée est d’avoir 50% des revenus qui viennent de la communauté et 50% de revenus de marques. On veut laisser une place importante à l’audience.</p> <p>[32:55] Le portrait-robot de notre audience, on l’appelle Chloé : elle a 28 ans, elle vit à Nantes, elle a fait 2-3 années d’études post-bac et elle est à un moment de sa vie où elle pense à s’établir.</p> <p>[35:05] On peut le dire maintenant, il nous restait 6 mois de cash quand on a décidé le changement. On voulait tester la newsletter mais on n’était pas serein. On a eu une chance folle, nos actionnaires nous ont dit oui. </p> <p>On a testé durant 6 mois et on a vu très vite le succès, avec plein des mails de lectrices qui nous disent qu’on a changé leur rapport à l’actu. En 7 ans d’entreprenariat, je n’avais jamais eu ce sentiment. Quand tu n’as pas trouvé ton marché tu ne le sais pas mais quand tu l'as trouvé tu le sens.</p> <p>Notre chance a été de commencer à exister au moment du premier confinement et comme on ne comptait pas sur des revenus, on ne comptait pas sur des revenus. On a eu un peu de temps pour apprendre.</p> <p>[37:40] Pendant le premier confinement, certaines de nos lectrices nous ont parlé de leurs questions existentielles sur leur boulot et nous ont proposé des groupes de discussion. Après analyse du besoin, on a proposé le programme d’accompagnement“Boost camp” sur 5 semaines, avec 2h30 par semaine puis une séquence de mails qui permettent de se poser les bonnes questions pour prendre les rênes de sa vie pro.</p> <p>[40:20] Pour participer à la vie publique, il faut se sentir légitime, il y a un vrai sujet de confiance en soi et notamment de ne pas regarder ses chaussures quand un débat éclate et l’info est le premier outil pour ça.</p> <p><b>Crédits </b></p> <p>Interview : <a href="https://twitter.com/xjbdx"><u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Idée originale :  <a href="https://twitter.com/elizco"><u>Elise Colette</u></a> et<a href="https://twitter.com/xjbdx"> <u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Design graphique :<a href="https://www.design216.com/"> <u>Benjamin Laible</u></a><br> Générique et habillage sonore :<a href="https://www.borislaible.com/"> <u>Boris Laible</u></a><br> Intégration web : <a href="https://www.florentjonville.com/"><u>Florent Jonville</u></a><br> Production : <a href="http://www.ginkio.com/"><u>Ginkio</u></a></p>

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February 25, 2021

La force de la communauté pour informer sur YouTube, avec Aude Favre

<p>Il y a deux ans, dans l’<a href="https://ginkio.com/podcast/1/aude-favre-elle-demonte-les-fake-news-sur-youtube"><u>épisode 1 d’A Parte</u></a>, Aude Favre nous racontait comment elle démontait les fake news sur Youtube avec sa chaîne WTFake. Toujours journaliste et youtubeuse pour raconter les coulisses de ses enquêtes de fact-checking, Aude a vécu beaucoup de changements en 2020. </p> <p>Le confinement l’a amenée à lancer des enquêtes collaboratives en mobilisant sa communauté de 86 000 abonnés. Peu avant, la collaboration avec France TV Slash s’était arrêtée, la conduisant à se tourner vers un modèle plus participatif pour financer sa chaîne.</p> <p>Place donc à la communauté : 1400 personnes sont actuellement réunies sur le serveur Discord et travaillent avec elle sur les enquêtes. Pour Aude, ce fonctionnement ouvert est aussi une excellente manière de combattre les incompréhensions sur le travail des journalistes et tenter de restaurer la confiance entre ceux-ci et le grand public. L’objectif pour Aude maintenant, avec son camarade Sylvain Louvet, est de sortir une grande enquête collaborative qui pourra avoir un fort impact.</p> <p>---</p> <p><b>Pour aller plus loin</b> </p> <p>La chaîne <a href="https://www.youtube.com/channel/UC8Ux-LOyEXeioYQ4LFzpBXw"><u>Youtube</u></a> WTFake</p> <p>Le <a href="https://fr.tipeee.com/aude"><u>Tipee</u></a> de WTFake la rédac</p> <p>L’<a href="https://ginkio.com/podcast/1/aude-favre-elle-demonte-les-fake-news-sur-youtube"><u>épisode 1</u></a> d’A Parte avec Aude Favre</p> <p>---</p> <p><b>L’essentiel de l’épisode</b> </p> <p>[4:45 ] Ma chaîne est à l’arrêt provisoirement. Je me suis rendu compte que c’est bien de fact-checker dans la joie et la bonne humeur mais je ne sais pas si c’est si efficace que ça. Je m'explique : on a eu de l’impact sur beaucoup de contenus complotistes qui ont fini par disparaître, notamment parce qu’ils avaient honte et qu’on les avait affichés. De ce point de vue c’est efficace. Mais en même temps l’efficacité était limitée par le côté “Aude contre le reste du monde”. J’ai mes petits moyens, j’ai besoin de trois mois pour faire des vidéos fouillées. Du coup j’ai senti que c’était peut-être la fin d’un cycle.</p> <p>[6:18] Là-dessus est venue se greffer la crise covid qui fait que je me suis retrouvée démunie : je n’étais plus en contrat avec France TV et j’ai un peu échoué à la campagne où je n’avais aucun matériel. Et j’ai commencé à fact-checker avec la communauté. J’ai découvert à ce moment-là la force que ça pouvait représenter de travailler ensemble avec 100 puis 200 puis 600 et aujourd’hui 1400 personnes. On se retrouve sur le serveur Discord et on est la rédac WTFake.</p> <p>[07:10] C’est hyper intéressant en termes d’impact et en termes d’ouverture du journalisme. On invite qui le souhaite, y compris des fans de certains documentaires un peu complotistes sont dans la rédac. Ensemble nous essayons de recouper des infos, d’enquêter et ça fait réfléchir tout le monde. Je crois de plus en plus en un mouvement d'alliance entre les journalistes et les citoyens pour assainir le débat public. Je travaille avec Sylvain Louvet, journaliste avec lequel je travaille sur de nombreux projets.</p> <p>[8:55] Après une ou deux vidéos de fact-checking, où je donnais un peu des devoirs aux gens, très rapidement j’ai été dépassée. Des gens de la communauté m’ont dit : il faut aller sur Discord. Pour tous ceux qui s’y connaissent c’était vraiment la bonne solution car ça permet d’organiser les choses. </p> <p>[10:15] Je suis pas du tout geek, ils m’ont tenu la main, certains sont devenus modérateurs et font un boulot de dingue. C’est génial. j’ai découvert la force d’une communauté, c’est comme une petite famille. Aujourd’hui on est 1440. On se retrouve régulièrement dans des lives sur Twitch et on fait progresser les enquêtes sur Discord. </p> <p>[11:40] Au début il y avait des personnes qui n’étaient pas dans l’ambiance, qui est bon enfant, courtoise… Certains étaient clairement dans la mouvance complotiste. Le problème c’était la façon dont ils interagissaient, ils étaient hargneux. Cela s’est calmé rapidement </p> <p>[12:45] Le Discord est ouvert à tous. Grâce au travail des modérateurs, il n'y a pas de soucis. Dans les temps qui viennent, on va s’organiser un peu plus, on va mettre des règles basiques sur le groupe : courtoisie, ne pas changer de pseudo tous les jours, ne pas contacter le ministère de l’Intérieur au nom de la rédac...</p> <p>[15:00] J’ai relancé le Tipeee avec l’objectif de 9000 euros par mois, qui est en fait un objectif bas pour produire des enquêtes ambitieuses. Les enquêtes coûtent très cher mais je ne suis pas une bonne marketeuse. On doit être à 17% de l’objectif. C’est aussi de mon fait dans le sens où on n’a pas encore produit “L’enquête de la rédac” qui peut être un produit d’appel pour que les gens donnent. Avec Sylvain Louvet, on veut faire une super belle enquête et on n’avait pas encore les moyens.  On avait le choix de faire une enquête artisanale soit attendre de trouver des partenaires médias intéressants, peut-être des donateurs… On a choisi la deuxième option. Depuis la rentrée, je suis partie en recherche de fonds, remplir des dossiers de 90 pages. Et donc à partir de ce moment-là le Tipee n’a plus augmenté. Là, on est en bonne voie pour produire quelque chose de vraiment chouette grâce à des donateurs, un média web.</p> <p>[18:40] Il y a des gens, notamment dans la communauté, qui trouvent que ça ne va pas assez vite, qu’on pourrait produire des enquêtes. Mais dans l’exercice de rédaction collaborative, il y a aussi cette idée que les enquêtes c’est long et ça prend du temps. Personne ne se doute qu’il faut faire des notes de centaines de pages pour intéresser les financeurs. Peut-être certaines personnes se demandent ce que je fais alors que j’ai des journées de 29 heures… Peut-être que je devrais communiquer sur les réseaux sociaux. Pour moi, c’est pas grave si je disparais quelque temps parce que je sais que ça avance.</p> <p>[21:15] A la base je cherchais plutôt à aider quelqu’un sur Youtube, je ne voulais pas me mettre en avant. C’est une expérience vraiment à part. J’ai beaucoup de  collègues à la télé qui me regardent et se disent : qu’est-ce qu’elle fait ?</p> <p>[22:15] Comme expérience c’est très riche. J’en retire que c’est payant d'être soi et d’y aller. L’information est trop formatée. Ce que j’ai fait sur ma chaîne pendant trois ans, je serais encore en train d'essayer si j’avais essayé de le vendre à un gros média. Peu de gens parient sur des choses nouvelles.</p> <p>[23: 10 ]Là où ça me pose question c’est les effets de foule, le trolling, la haine qui est assez forte. </p> <p>Au début, je regardais les notifications. Au début, 80% des commentaires les gens aimaient bien.  Après quand j’ai commencé à avoir un peu d’impact, ça a fait moins rire un certain nombre de gens. Là j’ai commencé à avoir des trolls. Et ça a explosé avec une vague en particulier (Lama Fâché).</p> <p>[24:50 ]En fait, ça a été les montagnes russes : des vagues de “c’est top” et des vagues encore plus grandes de haine pure. J’ai passé pas mal de temps très mal où je ne dormais pas. Si tu lis trop ces commentaires, tu finis par penser que tu es la pire des créatures qui a existé sur terre… En fait, il faut pas les regarder. </p> <p>[26:00] Je me suis pris des torrents de haine par certaines périodes. J’ai appris à le gérer. Je n’ai pas pris de cours, mais finalement j’ai arrêté de regarder mes notifications et puis en fait je lis beaucoup et la littérature me fait un bien de dingue. Je n'ai jamais autant aimé la littérature que depuis que je suis sur YouTube. Tu te poses, tu prends du recul, tu es dans le silence. Dans les réseaux sociaux, l y a un côté intoxication, ça t'attaque ton mental, tu ne fais plus que penser à ça. Je me suis réfugiée dans les bouquins, le silence, mes enfants. La vie est courte. Parfois il y a un seul mec sous 40 pseudos. De quel droit il peut me pourrir la vie?</p> <p>Cela m’a pris du temps de relativiser ça. C’est important d’être droit avec soi-même. Je pense souvent aux jeunes qui se mettent sur ce truc-là. A 38 ans c’est bon, à 19 ans je n’aurais pas tenu… </p> <p>[30:10] La solution sur le financement, je la cherche. Je n'ai pas cette compétence de faire une stratégie économique. Je suis une petite journaliste qui aime faire ses sujets. Sur Youtube il faut être entrepreneur, c’est une autre paire de manches. J’ai juste créé un Tipee. Je compte sur le fait que nos enquêtes vont nous permettre d’asseoire une communauté plus large. Je pense que l’avenir c'est de se faire financer par sa communauté. C'est un défi : créer une communauté prend du temps mais c'est l'avenir. </p> <p>[33:30] J’ai la chance d'avoir une société de production qui me suit dans mes différents projets, qui s’appelle Babel. On est à la frontière entre l’ancien monde et le nouveau monde. Tout le monde dans les médias se posent des questions. J’avoue, je  n’ai pas de réflexion très pointue là-dessus, c’est peut-être un peu handicap. L’argent, le financement, le marketing ne sont pas des choses qui me parlent. Mais je suis accompagnée, de la rédac, de Sylvain, de Babel. </p> <p>[35:50 ]Le fact-checking n’est pas le graal. Cela ne marche pas toujours de faire comprendre à quelqu’un qu’il a tort. Cela ne suffit pas et ça ne marche pas toujours de montrer qu’on a vérifié. A mon grand regret </p> <p>Sur un live, on a eu un échange hyper intéressant sur Hold up avec une femme qui en était fan. Les faits vérifiés, elle s’en fichait . C’est perçu comme l’élite qui cherche à contrôler l’information. Alors que non ! </p> <p>C’est ce qui me fait penser qu’en créant une sorte de mouvement collectif, où chacun agrège ses compétences, qu’on va s’en sortir. En ouvrant la façon dont on travaille au plus grand nombre. Le problème de fond, c'est la confiance. On est dans une société où plus personne n’a confiance dans les journalistes alors qu’ils posent les questionnements de monsieur et madame tout le monde et se faire leur porte-voix. C'est dramatique à l’échelle d’une société. C’est l’essence de mon travail : réconcilier journalistes et grand public, dialoguer ensemble, pour exiger un débat public qui reposent sur des faits et non des fantasmes. </p> <p>---</p> <p><b>Crédits </b></p> <p>Interview : <a href="https://twitter.com/xjbdx"><u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Idée originale :  <a href="https://twitter.com/elizco"><u>Elise Colette</u></a> et<a href="https://twitter.com/xjbdx"> <u>Jean-Baptiste Diebold</u></a><br> Design graphique :<a href="https://www.design216.com/"> <u>Benjamin Laible</u></a><br> Générique et habillage sonore :<a href="https://www.borislaible.com/"> <u>Boris Laible</u></a><br> Intégration web : <a href="https://www.florentjonville.com/"><u>Florent Jonville</u></a><br> Production : <a href="http://www.ginkio.com/"><u>Ginkio</u></a></p>

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Le monde des médias est en mutation. Comment informe-t-on aujourd’hui ? Et demain ?  Notre but, c’est de donner la parole à de nouvelles voix du monde des médias et de l’inspiration à toutes celles et tous ceux qui veulent lancer de nouveaux projets dans le monde de l’information. A Parte est produit par Ginkio (http://www.ginkio.com), la communauté des talents de l'information A Parte est un podcast animé par Jean-Baptiste Diebold. Idée originale : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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