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C'est Alain qui m'a dit

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by Eric Perez

30 episodes
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Podcast Overview

Un espace de parole pour celles et ceux qui ont avancé, construit, parfois réussi, et sentent que continuer de la même manière n’a plus de goût. À travers des images et des phrases entendues, nous regardons autrement ce qui demande à changer. <br/><br/><a href="https://cestalainquimadit.substack.com?utm_medium=podcast">cestalainquimadit.substack.com</a>

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August 3, 2026

L'illusion du contrôle

<p>Est-ce qu’il t’arrive de passer tes soirées à valider des détails administratifs ou des tâches techniques qui ne sont pas ton métier, simplement pour t’assurer que tout soit parfait ?</p><p>Cette habitude de tout vouloir apprendre et maîtriser toi-même, est-ce vraiment une preuve de rigueur, ou la peur travestie de lâcher le volant ?</p><p>Et si c’était précisément cette obsession de tout garder entre tes mains qui était en train d’asphyxier la vraie valeur que tu apportes à ton équipe ?</p><p>Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit.</p><p>Bonjour à toi. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement, prends une grande respiration... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.</p><p>Alain m’a dit : « L’obsession du contrôle ne sécurise pas l’avenir, elle éteint seulement la vitalité du présent. »</p><p>Cette phrase prend tout son sens le jour où la réalité vient te frapper de plein fouet, au moment où tu t’y attends le moins.</p><p>LE DÎNER QUI DÉRANGE</p><p>Il y a eu une époque où je voulais tellement prouver ma valeur que je faisais absolument tout par moi-même. Comprendre chaque rouage de mon entreprise, du juridique à la compta, je voulais tout apprendre, tout savoir faire.</p><p>Au début, ça m’a servi. Je maîtrisais toutes les ressources nécessaires pour comprendre vraiment la vie d’une entreprise. Mais à mesure qu’elle grandissait, moi je m’étouffais. Sans m’en rendre compte, j’ai arrêté d’apporter la bonne contribution. Parce que je suis directeur commercial. Un créateur de liens. Pas un expert-comptable, ni un juriste, ni un informaticien.</p><p>La prise de conscience s’est produite un soir, lors d’un dîner professionnel. J’étais à table avec le dirigeant d’une grande entreprise, un homme qui m’avait suivi fidèlement d’une société à une autre tout au long de ma carrière. Autant dire que sa parole avait un poids immense pour moi.</p><p>Je lui demandais une série de documents pour avancer sur un dossier. Il m’a demandé l’e-mail de mon assistant pour lui transmettre les éléments.</p><p>Je lui ai donné le mien, en lui expliquant que je préférais m’assurer personnellement que tout se passe bien. La vérité, c’est que je n’avais pas d’assistant.</p><p>Il a posé ses couverts sur la table, tranquillement, avec un grand sourire. Et il m’a dit : « Si vous n’avez pas d’assistant, dépêchez-vous de vous en trouver un. Sinon, ma société ne pourra plus continuer à travailler avec vous. »</p><p>Je l’ai regardé, un peu surpris. Il a continué : « Pas parce que nous allons arrêter de travailler avec vous. Parce que vous allez disparaître. »</p><p>On a continué à parler. Il a découvert qu’à part mon équipe technique et mon associé, je n’avais personne pour s’occuper de l’administratif et de la gestion. Il me l’a redit, avec beaucoup d’affection : « Éric, s’il vous plaît, trouvez un moyen de déléguer tout ça. Parce que nous, on a besoin de vous comme conseil. Pas comme assistant. »</p><p>J’ai suivi son conseil à la lettre. La première chose que j’ai faite, c’est embaucher une assistante. On a eu de la chance : elle s’est glissée dans l’esprit de l’entreprise en quelques semaines à peine, sans qu’on ait besoin de tout lui expliquer deux fois. Les documents arrivaient, elle savait déjà à qui les transmettre.</p><p>Avec le cabinet comptable, on a mis en place un logiciel tout simple. Elle y entrait les données, et eux s’occupaient du reste — la paperasse ne remontait plus jamais jusqu’à moi.</p><p>Puis j’ai recruté deux prospecteurs, pour prendre en charge tous les contacts froids. Mes commerciaux, eux, se sont recentrés sur les contacts chauds, ceux qui étaient déjà prêts à avancer.</p><p>Et moi, pour la première fois depuis longtemps, je me suis retrouvé avec du temps pour faire ce que je suis vraiment censé faire : créer de la valeur ajoutée pour mes clients.</p><p>Mon entreprise a changé d’échelle. Et moi, j’ai enfin recommencé à respirer.</p><p>Merci de lire C’est Alain qui m’a dit !</p><p>Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici :</p><p>L’ANCRE DU VIVANT</p><p>Ce que ce dîner venait de me révéler, le vivant le démontre à l’échelle de la cellule, à chaque milliseconde.</p><p>Dans le fonctionnement de tes propres cellules, nous avons cette illusion tenace : nous croyons que produire de l’énergie demande d’accumuler, de rajouter de la matière, de tout retenir sous contrôle.</p><p>La biologie prouve exactement l’inverse : l’énergie naît de la soustraction.</p><p>Au cœur de nos cellules, la fabrique d’énergie vitale ne fonctionne pas en stockant. Pour libérer l’énergie qui fait tourner l’ensemble du système, la molécule ne cherche pas à garder sa structure intacte. Au contraire : c’est au moment précis où elle se sépare d’un morceau d’elle-même, à l’instant exact où elle rompt le lien et lâche ce qui a accompli son temps, que l’étincelle jaillit.</p><p>Le geste même de se défaire du trop-plein libère immédiatement l’énergie qui était emprisonnée dans la tension.</p><p>LES MAINS SUR LE COUVERCLE</p><p>Ce réflexe de retenir le volant, nous le portons souvent comme une preuve de responsabilité. On se dit que lâcher du champ est un risque, un effort surhumain qui va demander encore plus d’énergie pour surveiller de loin. C’est une erreur fondamentale.</p><p>Vouloir tout contrôler, tout valider, tout repasser derrière ton équipe, c’est maintenir une pression maximale sur le système en croyant que cette tension produit de la sécurité. En réalité, tu consommes une énergie colossale simplement pour garder les mains serrées sur le couvercle.</p><p>Dès que tu desserres les doigts, dès que tu abandonnes ce rôle d’exécutant qui ne sert plus ton niveau actuel, tu rends au collectif l’énergie que ton contrôle gardait sous séquestre.</p><p>Ce choix se présente chaque jour dans ton quotidien.</p><p>Quand tu relis trois fois un document rédigé par un collaborateur au lieu de lui faire confiance sur la forme.</p><p>Quand tu conserves la gestion directe d’un dossier opérationnel alors que ton rôle est de fixer la vision globale.</p><p>Quand tu réponds toi-même à des sollicitations secondaires parce que tu crains que personne d’autre ne le fasse aussi bien que toi.</p><p>Retenir le contrôle rassure temporairement ton besoin de maîtrise, mais cela épuise tes ressources et étouffe la croissance de ceux qui t’entourent. Déléguer demande d’accepter un inconfort immédiat, mais c’est le seul chemin pour bâtir une organisation vivante, solide et autonome.</p><p>J’ai une question, entre toi et moi.</p><p>Quelle est la tâche ou la prérogative que tu continues de retenir aujourd’hui par peur de lâcher le volant, alors que ta vraie valeur attend que tu t’en libères pour enfin émerger ?</p><p>Tu n’as pas besoin de tout réorganiser du jour au lendemain. Choisis une seule chose cette semaine, un seul dossier, et passe le relais. Laisse le système respirer.</p><p>On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.</p><p>QUIZ</p><p>Si cette question résonne, le Quiz Authentik est là pour faire le point. Alain et moi l’avons conçu pour ces instants où tu sens que tu retiens ce qui devrait déjà être entre d’autres mains. Il va t’aider à poser un diagnostic clair sur ta posture.</p><p>Merci d’avoir lu cet épisode de <strong>C’est Alain qui m’a dit </strong>!</p><p><p>Abonne-toi pour ne pas louper les prochains</p></p> <br/><br/>This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit <a href="https://cestalainquimadit.substack.com?utm_medium=podcast&#38;utm_campaign=CTA_1">cestalainquimadit.substack.com</a>

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July 27, 2026

Le silence du leader

<p>Tu connais ce malaise physique quand un blanc s’installe dans une réunion et que personne ne prend la parole ?</p><p>Ce réflexe viscéral de sauter dans le vide pour meubler, donner la solution tout de suite, et rassurer ton propre stress ?</p><p>Et si c’était précisément cette habitude d’avoir réponse à tout qui était en train d’éteindre doucement l’autonomie et la créativité de ton équipe ?</p><p>Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit.</p><p>Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement... on va prendre quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.</p><p>Alain m’a dit : « Le silence du leader ouvre un espace où la maturité de ses équipes peut réellement prendre forme. »</p><p>Cette phrase devient limpide le jour où on se retrouve à jouer sa propre crédibilité sur un blanc de quelques secondes.</p><p>LE VERTIGE TERRAIN</p><p>Ce mécanisme, je l’ai vécu lors d’une mission de conseil que je n’oublierai jamais.</p><p>On était trente-neuf dans la salle. Trente-cinq commerciaux de chantier au premier rang, leurs trois directeurs régionaux juste derrière, et le directeur commercial national installé au fond de la pièce.</p><p>La veille au soir, j’avais dîné avec la direction. La filiale française subissait une pression colossale de la maison mère américaine pour imposer un produit entièrement nouveau sur le marché, une technologie sans aucun historique ni référence connue des clients. Les directeurs français voulaient y croire sans trop y croire. Pour eux, l’argumentaire papier imprimé par le marketing était parfait, et si les ventes ne décollaient pas, c’était simplement par manque d’implication des équipes de terrain face à des utilisateurs jugés trop frileux.</p><p>Et moi, j’étais là. Le consultant extérieur, imposé par la direction générale au-dessus de la hiérarchie commerciale en place. Si ma session foirait ce matin-là devant toute la ligne hiérarchique au complet, la responsabilité ne retomberait pas sur leurs équipes, mais sur l’intervenant parachuté d’en haut qui se serait trompé. Ma crédibilité se jouait en direct.</p><p>Ces commerciaux faisaient face à un double défi redoutable : convaincre d’un côté des artisans et utilisateurs finaux d’adopter le produit sur le chantier, et de l’autre, convaincre les distributeurs locaux d’accepter de le mettre en stock. Deux cibles différentes, deux formes de résistance, affrontées avec le même texte pré-mâché qu’ils récitaient sans plus y croire.</p><p>Pour leur montrer l’impasse dans laquelle ils s’enfermaient, j’ai commencé par énumérer moi-même la liste brute des caractéristiques techniques du produit, exactement comme ils le faisaient tous les jours. Je lisais dans leurs yeux ce qu’ils pensaient : « Encore un expert qui vient nous lire une fiche produit et nous faire la leçon. »</p><p>Quand j’ai fini ma lecture, je les ai regardés dans les yeux. Je leur ai demandé s’ils étaient prêts à basculer vraiment de l’autre côté, dans la peau de l’artisan et du distributeur. J’ai dit : « Je vous écoute. »</p><p>Et je me suis tu.</p><p>Un silence monumental est tombé sur la pièce. Trente-neuf personnes figées. Au fond, toute la hiérarchie qui me fixait sans ciller. Dans ma tête, la pression est montée d’un coup, d’une intensité folle. Tout mon réflexe d’expert me poussait à intervenir, à donner un exemple brillant, à meubler pour prouver que je maîtrisais la situation et que je méritais ma place. Rester muet à cet instant précis était un risque vertigineux : si ce vide s’éternisait devant la direction au complet, ma crédibilité et mon mandat s’effondraient sur-le-champ.</p><p>J’ai serré les dents. J’ai accepté l’inconfort brut. Et j’ai tenu ce silence.</p><p>Au bout de plusieurs secondes qui ont paru durer dix minutes, l’un des commerciaux a fini par craquer sous la pression du vide. Il a posé une question hésitante, en jouant le rôle du client sur le chantier : est-ce que ce produit allait réellement lui faire gagner du temps à la pose ? Je lui ai juste répondu oui.</p><p>Un second vendeur a enchaîné aussitôt : si l’artisan gagne du temps, il peut prendre plus de chantiers dans la semaine. Et à partir de là, un troisième a déduit tout seul que le distributeur local avait tout intérêt à garder la pièce en stock pour ne pas perdre ces futurs clients réguliers.</p><p>Sous les yeux de leur propre direction, la chaîne venait de se débloquer. Ils n’étaient plus en train de réciter un manuel : ils venaient de reconstruire eux-mêmes, dans leurs propres mots et par leur propre logique, toute la valeur de leur offre. Parce que le silence avait enfin ouvert l’espace.</p><p>Merci de lire C’est Alain qui m’a dit !</p><p>Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici :</p><p>L’ANCRE DU VIVANT</p><p>Ce qui s’est joué dans cette salle de réunion ce matin-là, le vivant le pratique depuis toujours.</p><p>Prends un œuf de poule. Pendant vingt et un jours, si tu le regardes de l’extérieur, il ne se passe rien. La coquille reste rigide, muette, identique. Si tu ne savais pas ce qui se joue à l’intérieur, tu pourrais croire que le processus est bloqué, que tout s’est arrêté.</p><p>Sous cette coquille immobile, pourtant, tout se réorganise dans un ordre parfait. Une cellule unique se divise, se replie, se spécialise, dessine peu à peu un cœur, des poumons, un système nerveux entier. Rien de tout cela ne se mesure depuis l’extérieur. L’œuf ne grossit pas, ne change pas de forme. Il se contente de se réorganiser, dans le noir, à l’abri de sa propre enveloppe. La poule elle-même ne fait presque rien de visible pendant tout ce temps : elle couve, elle maintient une chaleur constante, elle protège l’espace. Le vrai travail se déroule hors de son contrôle direct.</p><p>C’est précisément cette fermeture vers l’extérieur qui permet au processus interne d’arriver à maturité. Si tu brisais la coquille au bout de dix jours pour “aider”, pour vérifier où ça en est ou pour accélérer le mouvement, tu ne trouverais rien d’achevé : tu détruirais simplement le travail en cours d’accomplissement.</p><p>Combler le silence dans une réunion, donner la solution trop vite à un collaborateur qui cherche ses mots, c’est exactement la même chose : c’est briser la coquille trop tôt parce qu’on ne supporte pas la tension de ce qui est en train de mûrir dans l’ombre.</p><p>L’EMPREINTE DU SILENCE</p><p>Un leader qui accepte d’ouvrir l’espace, sans le remplir aussitôt avec ses propres certitudes, prend un risque réel devant tout le monde : celui de faire face au vide. Mais ce qui émerge de ce silence n’appartient pas à celui qui a posé la question : cela appartient à ceux qui ont trouvé la réponse. Et c’est pour cette raison précise que cela transforme durablement une équipe et résiste au temps.</p><p>Ce même choix se présente sans cesse dans notre quotidien, sous des formes beaucoup plus discrètes : dans une réunion qui s’enlise et où tu pourrais trancher toi-même en trente secondes ; face à un collaborateur qui hésite et à qui tu pourrais si facilement souffler la solution.</p><p>Combler l’espace immédiatement rassure sur l’instant, mais produit de la dépendance. Protéger le silence coûte de l’inconfort immédiat, mais génère une maturité collective qui ne s’efface plus.</p><p>Avant qu’on se quitte, une question pour toi :</p><p>Est-ce qu’il y a, dans ton équipe, un espace que tu combles systématiquement avec tes propres certitudes pour rassurer ton propre stress, alors que ton silence permettrait à quelqu’un d’autre de construire sa propre force ?</p><p>Tu n’as pas besoin d’une salle de quarante personnes pour commencer. Un blanc de quelques secondes, tenu vraiment jusqu’au bout face à la prochaine question qu’on te pose, suffit souvent à ouvrir le bon espace.</p><p>On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.</p><p>QUIZ</p><p>Si cette question résonne, le Quiz Authentik est là pour faire le point. Alain et moi l’avons conçu pour ces instants où tu sens que tu combles un espace au lieu de le laisser s’ouvrir. Il va t’aider à poser un diagnostic clair sur ta posture.</p><p>Merci d’avoir lu cet épisode de <strong>C’est Alain qui m’a dit </strong>!</p><p><p>Abonne-toi pour ne pas louper les prochains</p></p> <br/><br/>This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit <a href="https://cestalainquimadit.substack.com?utm_medium=podcast&#38;utm_campaign=CTA_1">cestalainquimadit.substack.com</a>

Episode thumbnail for Accueillir

July 20, 2026

Accueillir

<p>Un sol trop dur ne refuse pas l’eau, il la laisse simplement glisser en surface.</p><p>La rapidité qu’on exige d’un résultat n’a jamais renforcé la solidité de ce qui le produit.</p><p>Un groupe humain ne s’assemble pas par décret, il s’apprivoise à travers le temps.</p><p>Si tu ne l’as pas encore fait le quiz Authentik est ici et il est gratuit.</p><p>Bonjour. Je suis ravi de te retrouver. Installe-toi confortablement… on prend quelques minutes ensemble, tranquillement, pour ce nouvel épisode de C’est Alain qui m’a dit.</p><p>Alain m’a dit : « Accueillir une équipe, c’est accepter qu’elle soit vivante avant d’être efficace. »</p><p>Je ne sais pas toi, mais moi, cette phrase m’a immédiatement ramené à l’épisode qui a ouvert cette saison. On y parlait de revenir à soi, d’accueillir ce qu’on est vraiment avant de foncer vers l’action. On avait annoncé, à ce moment-là, huit mouvements du vivant qu’on allait explorer ensemble. On vient de les traverser une première fois, tournés vers l’intérieur. Aujourd’hui, on repart du même point de départ, l’accueil, mais on va cette fois regarder ce que ce mouvement change concrètement dans la façon de diriger une équipe, un projet, une entreprise.</p><p><strong>Ce que le vivant sait de l’accueil</strong></p><p>Le vivant, encore une fois, a beaucoup à nous apprendre sur ce moment précis de l’accueil.</p><p>Imagine un jeune plant qu’on vient de repiquer dans une terre neuve. Les premiers jours, rien ne bouge. Aucune feuille nouvelle, aucune fleur, parfois pendant plusieurs semaines entières. Si tu ne regardais que la surface, tu pourrais croire qu’il s’est arrêté de vivre, ou même qu’il est en train de dépérir.</p><p>Mais sous la terre, dans le noir, quelque chose d’essentiel est en train de se jouer. Le plant déploie des radicelles minuscules, presque invisibles à l’œil nu, qui tâtonnent dans ce sol qu’il ne connaît pas encore. Elles avancent centimètre par centimètre, cherchent l’humidité, les minéraux, un appui assez solide pour tenir plus tard face au vent ou à la sécheresse. Toute l’énergie de la plante part là, dans ce travail souterrain qu’on ne verra jamais. Si tu grattais la terre à cet endroit précis, tu ne trouverais rien de spectaculaire, juste un enchevêtrement discret de filaments blancs qui avancent, centimètre après centimètre, sans bruit et sans pause.</p><p>Les jardiniers qui connaissent bien ce moment font quelque chose qui surprend souvent. Ils retirent volontairement les premières fleurs qui apparaissent trop tôt sur un jeune plant fraîchement transplanté, le temps que les racines soient assez développées pour porter, plus tard, un fruit qui tienne vraiment.</p><p>Un plant qu’on presse trop tôt, qu’on fertilise en excès pour accélérer sa floraison, ou qu’on déplace une nouvelle fois avant que ses racines aient fini de s’installer, développe un système racinaire fragile et superficiel. Il peut sembler en bonne santé pendant quelques semaines. Et puis vient la première vraie sécheresse, ou le premier coup de vent un peu fort, et c’est là qu’il s’effondre, faute d’attaches assez profondes.</p><p>Le vivant a besoin de ce temps pour s’ancrer. Ce n’est jamais du temps perdu. C’est le seul moment où se construit ce qui permettra, ensuite, de tenir debout durablement.</p><p>Merci de lire C’est Alain qui m’a dit !</p><p>Vous pouvez inviter vos amis en cliquant ici :</p><p><strong>Ce que tu as peut-être déjà vécu</strong></p><p>Ce besoin de temps avant de produire, on le retrouve exactement pareil dans nos vies personnelles.</p><p>Tu as peut-être déjà vécu ça toi-même. Tu commences quelque chose de neuf, un nouveau rôle, une nouvelle ville, une nouvelle façon de travailler, et les premières semaines, tu n’as presque rien à montrer. Tu te compares à la version de toi qui maîtrisait déjà l’ancien terrain, et tu te sens moins capable qu’avant. Tu remarques les habitudes des autres avant de comprendre les tiennes. Tu hésites avant de prendre une décision qui, avant, t’aurait semblé évidente. Ce flottement n’est pas un recul, c’est ton radar qui se recalibre.</p><p>Sauf que ce sentiment de ne rien produire ressemble exactement à celui du jeune plant sous la terre. Tu es en train d’apprendre les codes d’un environnement que tu ne connais pas encore, de comprendre qui fait quoi, ce qui compte vraiment ici, où sont les vrais appuis. Ce travail-là ne se voit pas de l’extérieur, mais c’est lui qui décide si tout ce qui suivra tiendra debout.</p><p><strong>Le même mouvement à l’échelle d’un projet</strong></p><p>Ce même mouvement se joue aussi à l’échelle d’un projet.</p><p>Un projet qu’on vient de lancer sur un marché neuf traverse souvent une phase identique. Les premières semaines, les chiffres ne bougent pas, ou très peu. L’équipe se demande déjà s’il faut ajuster l’offre, changer de cible, tout revoir. On multiplie les tests, on change de message toutes les deux semaines, on interprète chaque silence du marché comme un échec plutôt que comme une phase d’apprentissage normale.</p><p>Mais ce qui se construit réellement à ce moment-là, ce sont les repères invisibles. Comprendre comment ce marché précis réagit, quels mots résonnent vraiment, quels obstacles reviennent, quel canal capte réellement l’attention plutôt qu’un autre. Ce sont des repères qu’aucun tableau de bord ne montre encore, mais qui décideront de tout ce qui vient après. Un projet qu’on force à produire des résultats avant d’avoir fini ce travail d’ancrage tient rarement dans la durée. Il ressemble à cette fleur qu’on a laissée s’ouvrir trop tôt, belle un instant, puis vite fanée.</p><p><strong>Ce qui se joue quand on accueille une équipe</strong></p><p>Et pour un leader qui accueille une personne ou une équipe entière dans un nouveau contexte, le même principe s’applique.</p><p>Un nouveau collaborateur arrive rarement opérationnel à cent pour cent dès la première semaine. Il a besoin de comprendre les habitudes de l’équipe, les non-dits, la façon dont les décisions se prennent réellement ici. Il pose des questions qui semblent évidentes pour le reste de l’équipe. Il se trompe sur des détails que les autres connaissent depuis longtemps. Ce sont des signaux d’ajustement, pas des signaux d’échec.</p><p>Un leader qui exige une pleine performance dès les premiers jours coupe ce collaborateur de ce temps d’ancrage, et récolte souvent une adaptation superficielle, qui ne tient pas au premier vrai coup dur. C’est un peu comme tirer sur la tige d’un jeune plant pour vérifier si ses racines ont bien pris. Le geste rassure celui qui le fait, mais il abîme exactement ce qu’il voulait vérifier. À l’inverse, un leader qui protège ce temps, sans pour autant tout excuser indéfiniment, voit émerger une personne réellement intégrée, capable de tenir quand les choses se compliquent vraiment.</p><p>Ce qui relie ces trois histoires, c’est qu’aucune d’elles ne se voit tant qu’elle n’est pas terminée. Dans ces trois moments, personnel, professionnel, collectif, la question reste la même : est-ce qu’on laisse le temps à ce qui arrive de s’enraciner, ou est-ce qu’on exige un fruit avant que la racine soit prête ?</p><p>Avant qu’on se quitte, une question pour toi.</p><p>Est-ce qu’il y a, dans ta vie ou dans ton équipe, quelque chose de nouveau que tu attends déjà de voir fleurir, alors qu’il a peut-être encore besoin de s’enraciner ?</p><p>On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Souviens-toi : la justesse favorise le maximum de vie en nous et autour de nous. Merci pour ton écoute, et à très bientôt.</p><p><strong>QUIZ</strong></p><p>Si cette question résonne, le Quiz Authentik est fait pour ce moment. Alain et moi l’avons créé pour ces instants où quelque chose de nouveau demande encore le temps de s’enraciner avant de porter ses fruits. Il ne va pas accélérer ce temps à ta place. Il va t’aider à voir où tu en es vraiment.</p><p>Merci d’avoir lu cet épisode de <strong>C’est Alain qui m’a dit </strong>!</p><p><p>Abonne-toi pour ne pas louper les prochains</p></p> <br/><br/>This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit <a href="https://cestalainquimadit.substack.com?utm_medium=podcast&#38;utm_campaign=CTA_1">cestalainquimadit.substack.com</a>

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