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About Festival Film de Société de Royan
Depuis 2021, le Festival du Film de Société de Royan propose chaque année pendant cinq jours des films en version originale, des débats, des rencontres avec des réalisateurs et des comédiens. Soutenu par des partenaires privés et publics, il s'ancre chaque année un peu plus sur le territoire Royan Atlantique et attire un public toujours plus nombreux. Mais qu'est-ce qui pousse des gens à créer un tel événement en province ? Qu'est-ce qui fait courir les bénévoles, les programmateurs, les jurés lycéens, les spectateurs à 9h du matin ? Et qu'est-ce que le cinéma dit de nous, de notre époque, de nos combats ? Ce podcast vous emmène dans les coulisses de la cinquième édition, à la rencontre de ceux qui font le festival — et de ceux qui le vivent. Des grands noms aux voix anonymes, des salles obscures aux couloirs du Thalazur, il raconte un cinéma qui résiste, qui questionne, qui rassemble. Parce qu'à Royan comme ailleurs, voir autrement, c'est déjà un combat.
- Publisher
- Armel Toucour
- Category
- society & culture
- Language
- fr
- Explicit
- No
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- 21 Mar 2026
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- 23 Mar 2026
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23 Mar 2026
Né libre (bonus Abd Al Malik)
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan. ### A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. ### Épisode Bonus — Né libre. Entretien public avec Abd Al Malik : la voie d'Abd Al Malik en intégralité. Après la projection de Furcy, né libre, un entretien public animé par Jimi Andréani — sur le film, sur l'art, sur la France, sur la liberté. Un moment rare, dense et généreux. **Un artiste aux multiples facettes** C'est grâce aux élèves du lycée professionnel de l'Atlantique, membres du jury jeunesse, que j'ai pu rencontrer Abd Al Malik. Cet épisode bonus lui est entièrement consacré : il rassemble l'entretien public qui a suivi la projection de "Furcy, né libre", animé par Jimi Andréani sur scène, et les échanges qui ont suivi avec le public. Abd Al Malik se définit lui-même comme un "raconteur d'histoires" dont le liant est la poésie. **Le cinéma comme responsabilité** Abd Al Malik répond à ma question sur la capacité du cinéma à réenchanter le monde : non seulement il peut, mais il doit. Le cinéma partage avec la musique une puissance d'accès instantané — là où la littérature suppose le goût préalable de la lecture, le cinéma et la musique travaillent directement les imaginaires. Cette immédiateté crée une responsabilité : les sujets traités, la manière de les traiter, tout cela infuse dans les gens et oriente leurs actes. Le film Furcy, né libre s'inscrit dans ce projet, prolongé par l'album Furcy Héritage, réalisé avec son acolyte Mateo Falcone, réunissant Soprano, Youssoupha, Oxmo Puccino, Lino Martyrs, Benjamin Epps, Juste Shani et d'autres. **L'heure est grave — et le film arrive au bon moment** Interrogé par Jimi Andréani sur le momentum de ce film dans sa carrière, Abd Al Malik est direct : l'heure est grave. Pas comme une formule introductive, mais comme un constat. Il voit des gens croire qu'une pensée extrême peut être une solution, alors que l'Europe a connu la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte, revenir à l'histoire de Furcy, c'est revenir aux origines de ce qu'est la France — un pays de droit et de justice — et appeler à ne pas perdre son âme. Pour lui, l'histoire ne se répète pas, mais elle rime. **Furcy, c'est moi — l'éducation comme acte de résistance** Abd Al Malik revient sur le sens profond du film : si Furcy n'avait pas appris à lire et à écrire en secret, rien n'aurait été possible. Et lui-même, sans l'accès au savoir, à la culture, à l'école, ne serait pas là ce soir. Il appelle à "remettre à nouveau sexy l'intelligence" face à ce qu'il nomme l'"abêtissement général" — un divertissement excessif qui, comme dans les régimes autoritaires, détourne du savoir et de la connaissance. Le film a d'ailleurs été conçu pour être accompagné d'un dossier pédagogique et projeté en séances scolaires dès la classe de quatrième. **La question raciale, arbre qui cache la forêt** Abd Al Malik raconte une projection du film à des jeunes de Seine-Saint-Denis, dans le cadre du festival Ciné Banlieue. Face à leurs réflexions sur "les Blancs", il leur a répondu : le vrai sujet, sous la question raciale, c'est la lutte des classes. L'esclavagisme et le capitalisme sont nés en même temps, le premier produit mondialisé était l'esclave, et le capitalisme est toujours là. L'opposition noir/blanc, c'est l'arbre qui cache la forêt — un instrument pour opposer des gens qui ont en réalité un destin commun. "Il y a de plus en plus de milliardaires, et de plus en plus de gens dans des difficultés incroyables. Quel est notre projet de vie, si ce n'est de consommer?" **Le film comme outil de réconciliation, la France comme projet** Pour Abd Al Malik, "Furcy, né libre" est avant tout un outil de r

22 Mar 2026
Une respiration nécessaire
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan. ### A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. ### Épisode 5 — Une respiration nécessaire Cérémonie de clôture, bilans à chaud et derniers mots de ceux qui font le festival : cet épisode final rend hommage à toutes les forces vives — artistes, bénévoles, organisateurs, jury — qui ont fait de cette cinquième édition une respiration nécessaire. **Le cinéma comme espace de resocialisation** L'épisode s'ouvre sur une spectatrice qui témoigne avec émotion : traversant une période difficile, elle s'était repliée sur elle-même. Le cinéma lui a permis de resocialiser en douceur — être dans une salle, entourée de gens, sans l'obligation d'interagir. "Et ça a marché." Une image forte qui dit, en quelques mots, pourquoi un tel festival est bien plus qu'un événement culturel. **La cérémonie de clôture : un bilan en chiffres et en applaudissements** J'assiste à la cérémonie de clôture au Lido. Brigitte Longueville, présidente de l'association, souligne d'emblée la grande qualité de la sélection de cette cinquième édition — une sélection que certains journalistes présents ont confié envier. Elle annonce les chiffres : un record de 1 854 spectateurs sur la seule journée du vendredi, pour un total estimé entre 8 000 et 9 000 spectateurs sur l'ensemble du festival, scolaires compris. Jimi Andréani confirme : les entrées ont explosé, les gens sont ravis, c'est "que du bonheur". **Yazid Manou,** attaché de presse national du festival, se réjouit d'avoir décroché la couverture du site Le Bleu du Miroir, avec le journaliste Thomas Périllon venu de Paris pour toute la semaine, et d'avoir fait de Télérama un partenaire du festival pour la première fois. **Laurence Lega,** coordinatrice générale du festival côté Rencontres du Sud, présente l'étendue de son travail : communication tous azimuts (papier, réseaux, presse, mairies), gestion des inscriptions professionnelles, logistique du jury, accueil des équipes de films, mise en place technique au cinéma. Basée en Île-de-France, elle travaille pour les Rencontres du Sud depuis leur création il y a quinze ans, et intervient également au festival d'Arras et au Festival de Cannes. Pour elle, ce qui distingue Royan, c'est l'attachement des gens à leur territoire — un désir de le défendre et de le faire rayonner qui se ressent immédiatement. Elle observe aussi que le public qui n'était pas là à 9h du matin les premières années est désormais au rendez-vous : "On a proposé, il a choisi." **Les artistes du festival : Thibault Stipal et Kael** Jean-Luc Brunet rend hommage aux artistes locaux qui accompagnent le festival depuis ses débuts. Thibault Stipal, photographe, capte depuis la première édition les portraits des équipes de films, du jury, des réalisateurs et des comédiens. Il expose ses photos dans les couloirs du cinéma chaque année, les visages de l'édition précédente accueillant les festivaliers de la suivante. Pour lui, travailler pour ce festival à Royan, sa ville natale où il s'est réinstallé, est une forme d'engagement : "Je suis d'autant plus fier de le faire ici." **Kael (Michael Fleury),** peintre et sculpteur, signe pour la troisième année consécutive l'identité visuelle du festival. L'aventure a commencé dans l'urgence — deux mois pour créer une toile, la photographier et décliner toute la campagne — mais la rencontre avec Brigitte et l'équipe a suffi à le convaincre. Ses affiches mêlent l'architecture locale, l'humain et le cinéma : "Festival du film de société, ça m'a parlé direct." Il a sa galerie et son atelier à Saint-Palais-sur-Mer. **Les créateurs des trophées : l'Atelier Kazehana & Tuillière** Harumi Kazehan

22 Mar 2026
Un cinéma engagé
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan. ### A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. ### Épisode 4 — Un cinéma engagé Un film de Raoul Peck "Orwell, 2+2=5" qui boulverse, un réalisateur qui arrive en trombe dans un pick-up rouge, et les coulisses d'un festival né d'une passion : cet épisode explore ce que le cinéma engagé fait à ceux qui le voient, à ceux qui le portent et à ceux qui ont choisi d'en faire leur vie. **2+2=5** Je sors de la projection du documentaire Orwell 2+2=5 de Raoul Peck, abasourdie. J'échange avec une spectatrice à la sortie : elle est bouleversée, cherche ses mots, dit qu'il faut "digérer". Elle sent que le film appelle à une prise de conscience collective — pas à une réaction individuelle, mais à un sursaut d'ensemble. Jean-Luc Brunet, lui aussi marqué, souligne que la salle était pleine et le public vraiment touché. Il fait le lien avec le discours d'Abd Al Malik la veille : la culture est un pouvoir, presque politique, qu'il faut protéger d'autant plus sur les territoires où l'offre est naturellement plus limitée. **La table ronde au CRÉA, cinéma de territoire et diffusion en Charente-Maritime** En prélude au festival, l'association CRÉA, en partenariat avec Royan fait son cinéma, a organisé à la salle de la Passerelle à Meschers-sur-Gironde une table ronde sur le thème La salle de cinéma comme fenêtre sur les sujets de société, animée par Jean-Luc Brunet. Je retrouve Jimi Andréani des Rencontres du Sud qui dresse un constat lucide : la multiplication des films en salle — de 152 par an à l'origine à près de 750 aujourd'hui — noie le public, qui a besoin d'être guidé. Or les moyens financiers pour créer de l'événementiel et orienter ce public se réduisent. Il pointe aussi une fragilité structurelle dans les zones rurales : le public cinéphile traditionnel vieillit, les jeunes partent en ville, et le renouvellement ne se fait pas malgré les dispositifs scolaires. La question centrale, selon lui : comment faire vivre nos salles avec un public qui s'amenuise? **Marianne Rossi,** Coordinatrice de Ciné Passion 17, présente l'association qui fédère treize salles indépendantes de Charente-Maritime. Son rôle : soutenir les auteurs, les boîtes de production et de distribution du territoire, et diffuser leurs films. La mise en réseau permet aussi de mutualiser les frais lors des tournées de réalisateurs. **Chloé Deleforge, directrice et programmatrice de l'association CRÉA,** Chloé explique la force du label Art et Essai — un jury national qui sélectionne chaque année une cinquantaine de films reconnus pour leur qualité esthétique et le regard d'auteur qu'ils portent. Elle raconte son parcours : des études littéraires, une option cinéma en khâgne, une attirance pour le documentaire, puis un tour du monde de deux ans avec son compagnon pour réaliser un webdocumentaire sur les maisons écologiques. Cette expérience lui a montré l'énergie colossale que demande la production d'un film — et l'a convaincue qu'elle préférait aider les autres à diffuser leurs œuvres plutôt que de se battre seule derrière une caméra. Elle dirige le CRÉA depuis, un centre culturel de Saint-Georges-de-Didonne actuellement hors les murs pour travaux, accueilli provisoirement par Meschers. Face aux plateformes et aux multiplexes, sa réponse : la proximité, le lien social, la convivialité — cinéma en plein air, ciné-quiz, ciné-karaoké, esprit de guinguette. **Benoît Delépine et Animal Totem** Sur le parking du Lido, une légère tension monte : Benoît Delépine, réalisateur du film Animal Totem, est introuvable alors qu'il doit intervenir dans quelques minutes. Brigitte reste confiante. Puis arrive en trombe

22 Mar 2026
Un autre soleil
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan. ### A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. ### Épisode 3 — Un autre soleil Six lycéens devenus juré le temps d'une semaine, et une rencontre inoubliable avec Abd Al Malik : cet épisode plonge dans l'aventure humaine du jury jeunesse et dans l'univers d'un artiste qui croit, profondément, que l'Art peut changer le monde. **Le prix jeunesse : présentation du jury** Je retrouve Jean-Luc Brunet et Jean-Paul Enna lors de la cérémonie d'ouverture pour la présentation du prix Jeunesse Cinéma. Ce prix, initié l'année précédente, est remis par un jury de six lycéens du lycée professionnel de l'Atlantique à Royan. Ils sont accompagnés de deux encadrantes : Marion Mogrillot, professeure de lettres et d'histoire, et Fanny Fleuret, référante jeunesse. La compétition jeunesse compte sept films de cinq nationalités différentes. Frédéric Farrucci, membre du jury professionnel, souligne l'importance de cette démarche : sensibiliser la jeunesse au cinéma de société, c'est préparer le public de demain. **Le jury jeunesse se raconte** Je croise les six jurés tout au long de la semaine — à la sortie des projections, dans le hall, autour d'un chocolat chaud à l'heure du déjeuner. Ils se prénomment Iris, Alix, Jalil, Thibault, Aïssata et Francky. Jalil me confie qu'ils ont été recrutés un peu à l'improviste. Certains vont rarement au cinéma faute de moyens, d'autres, comme Jalil, y vont presque très souvent. Tous ont plongé dans l'exercice avec sérieux : noter chaque film sur une grille d'une dizaine de critères établie par Fanny Fleuret — thématique, personnages, casting, problème sociétal — pour atteindre une note sur 60, puis débattre pendant des heures pour défendre leurs coups de cœur. Jalil résume bien la difficulté : rester objectif quand on se retrouve dans certains films et pas dans d'autres. Aïssata, elle, avoue avoir pleuré du début à la fin de presque tous les films. Le groupe est soudé, chaleureux, et manifestement transformé par l'expérience. **Marion et Fanny, les encadrantes** Marion Mogrillot et Fanny Fleuret forment selon leurs propres mots "une bonne équipe". Marion accompagne et guide sans interférer : les jeunes sont les juges. Fanny a conçu la grille de notation pour garantir l'objectivité tout en laissant place au ressenti et à l'argumentation. Toutes deux observent avec plaisir que les lycéens débattent avec leur cœur — et que c'est précisément ce qui rend leurs choix précieux. **La rencontre avec Abd Al Malik** Ce soir-là, exceptionnellement, quatre membres du jury restent plus tard que prévu. Ils ont rendez-vous avec Abd Al Malik, réalisateur du film "Furcy, né libre", en compétition jeunesse. Leurs questions sont soigneusement préparées. La rencontre est immédiate, chaleureuse, presque intime. Abd Al Malik, visiblement touché par l'attention et la maturité de ces jeunes, leur raconte avec générosité la genèse du film. **Abd Al Malik raconte Furcy** La naissance du projet remonte à 2010, lors d'un concert à La Réunion. Des jeunes lui tendent un livre — L'Affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui, tout juste prix Renaudot — en lui demandant d'en tirer une pièce de théâtre. Il lit, mais ne se sent pas prêt. Il range le livre. Puis, au fil des années, des coïncidences s'accumulent : les commémorations de l'abolition à Nantes aux côtés de Patrick Chamoiseau et Françoise Vergès, le film Birth of the Nation aux États-Unis, l'exposition Le modèle noir au musée d'Orsay, l'affaire George Floyd, l'affaire Adama Traoré. Jusqu'au jour où le producteur Étienne Comar lui tend exactement le même livre — dix ans jour pour jour après la première fois. Cette f

22 Mar 2026
Le cinéma a de l'avenir
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan. ### A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. ### Épisode 2 — Le cinéma a de l'avenir Avant même le coup d'envoi du festival, le cinéma investit les salles de classe : cet épisode plonge dans le festival scolaire et le forum des métiers techniques du cinéma, deux initiatives portées par l'association Royan fait son cinéma pour transmettre l'amour du septième art dès le plus jeune âge. **Le festival scolaire, un lundi sous la pluie** Je retrouve Brigitte Longueville, présidente de l'association, autour d'un café volé entre deux urgences. Elle me décrit l'effervescence du matin : le hall du Lido déborde d'enfants, de la maternelle aux lycéens. Le festival scolaire, organisé en amont du festival grand public, propose cette année onze films sélectionnés par Jean-Paul Enna parmi une quinzaine. Chaque film est accompagné d'un dossier pédagogique mis à disposition des enseignants, qui préparent — ou non — la séance selon leur approche. Des débats avec des intervenants spécialistes sont organisés quand les contraintes de transport et de cantine le permettent. **Les tout petits au cinéma pour la première fois** Je suis une cohorte de maternelles qui sortent ravis de "La Petite Fanfare de Noël". La maîtresse de l'école La Clairière me confie que pour deux élèves, c'était la toute première fois au cinéma. Derrière cette sortie, un vrai projet pédagogique : travailler l'histoire, les personnages, les lieux, et même inventer une nouvelle histoire à partir du film. Philippe Dewers, qui accompagne la classe, sourit en entendant un enfant affirmer avoir adoré les cinq courts métrages — il n'y en avait que quatre. **Les lycéens face à L'Étranger** À la sortie de la projection du film "L'Étranger", je rencontre Madame Gautier, professeure de lettres-histoire au lycée de l'Atlantique de Royan, qui emmène ses classes au festival chaque année. Pour elle, le cinéma d'auteur offre un espace de réflexion culturelle et philosophique unique, sur des questions universelles comme le rapport à la mort, à Dieu, à la société. Une lycéenne me confie avoir été troublée par le décalage du personnage principal, mais avoir fini par le comprendre malgré elle. **Christophe Barratier et "Les Enfants de la Résistance"** Au Thalazur, je profite de l'interview accordée par Christophe Barratier, réalisateur des "Choristes", venu présenter son adaptation de la bande dessinée Les Enfants de la Résistance. Il explique comment il a voulu respecter les physiques des personnages connus des lecteurs tout en insufflant légèreté et humour à une période sombre. Le film, projeté le samedi pour inviter les familles au dialogue intergénérationnel, est seulement à sa deuxième présentation publique. Barratier évoque aussi la mémoire particulière de la côte atlantique, très marquée par l'Occupation. **Jean-Paul Enna sur le festival scolaire : les chiffres** En table ronde avec Jean-Luc Brunet, Jean-Paul Enna détaille l'édition scolaire, décalée cette année par rapport au festival grand public pour plus de fluidité dans les programmations. Elle s'est tenue du 24 au 28 novembre au Lido et à la salle Michel Legrand de Saint-Palais, avec quinze films dont neuf d'animation. 2 357 enfants ont été accueillis. La grande nouveauté : une sélection spécialement pensée pour les maternelles, accueillies pour la première fois. Jean-Luc Brunet y voit un message fort adressé aux décideurs politiques et à l'Éducation nationale : l'éducation à l'image doit commencer le plus tôt possible. **Les actions de l'association tout au long de l'année** En prélude au festival, le CRÉA de Saint-Georges accueillait une table ronde sur La sa

21 Mar 2026
Qui brille au combat
## Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan . ### A l’affiche, l’humain dans tous ses états. Entre histoire d’amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m’appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan. **Episode 1 : De la préparation à la cérémonie d'ouverture** Dès le matin du premier jour, les bénévoles, véritable colonne vertébrale du festival, s'activent dans la bonne humeur pour gérer badges, listes, affiches et billetterie. Les salles sont déjà bondées à 9h et les réservations en hausse par rapport à l'année précédente. **L'ADN du festival** L'ADN du festival se dessine au fil des échanges : un espace dédié aux films de société, œuvres ancrées dans le quotidien — les relations humaines, le travail, la famille, les luttes — universelles dans leur portée, singulières dans leur regard d'auteur. 32 films sont au programme (contre 27 en 2024), dont 7 en compétition officielle et 7 en compétition jeunesse. **Les Rencontres du Sud** Les programmateurs des Rencontres du Sud, Jimi Andréani et Jean-Paul Enna, qui collaborent depuis plus de 40 ans, détaillent leur processus de sélection : festivals professionnels (Cannes, La Rochelle, Charlieu), liens envoyés par les distributeurs, et une exigence d'équilibre dans la programmation. Cette édition s'ouvre davantage au grand public avec l'adaptation de la BD "Les "Enfants de la Résistance" de Christophe Barratier, et propose une matinée dédiée à la surdité — dont le film "Elle entend pas la moto" de Dominique Fischbach, portrait intime de Manon, jeune femme sourde et lumineuse, tissé sur 25 ans d'archives familiales entre paysages alpestres et chemin de résilience, projeté en copie sous-titrée avec un interprète en langue des signes. **René Kraus** Exploitant de salles et président des Rencontres du Sud, constitue chaque année le jury professionnel en misant sur la singularité du festival — une thématique forte plutôt que la logique des avant-premières. Convaincu que le cinéma est avant tout un art, il défend que les grandes œuvres politiques, de Costa-Gavras à aujourd'hui, tirent leur puissance du prisme artistique, non de leur message : "nous parlons de cinéma, nous ne parlons pas de politique." **Jean-Luc Brunet** Les cérémonies d'ouverture et de clôture sont animées par Jean-Luc Brunet, journaliste cinéma pour Cin'écrans, dont la connaissance du milieu et le sens de l'équilibre font de lui un maître de cérémonie naturel, même s'il confie volontiers stresser dans les coulisses. Le jury réunit cette année la comédienne Valérie Bonneton, le réalisateur Frédéric Farrucci, le programmateur Thierry Laurentin et l'acteur-réalisateur Vincent Perez et la comédienne Marilou Aussilloux. **"Qui brille au combat"** L'épisode culmine avec la projection du film d'ouverture, "Qui brille au combat," de Joséphine Japy — un film intime à propos de la maladie, du combat d'une famille unie. À la sortie, une spectatrice confie avoir été profondément touchée par un film qu'elle n'aurait pas choisi spontanément — et c'est là, pour moi, toute la force du festival, nous faire voir des films qu'on n'aurait pas spontanément choisis, et qui finissent pourtant par nous toucher. **On a parlé de et avec :** **Brigitte Longueville** — Présidente de l'association Royan fait son cinéma **Guillaume Mousset** — Directeur du cinéma Le Lido, créateur du festival (2021) **Jean-Luc Brunet** — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies **Jimi Andréani** — Programmateur, Les Rencontres du Sud **Jean-Paul Enna** — Programmateur, Les Rencontres du Sud **René Kraus** — Exploitant de salles, président des Rencontres du Sud **Joséphine Japy** — Réalisatrice du film d'ouverture "Qui brille au combat" **Dominique Fischbach** — Réalisatrice de Elle entend pas la moto **Valérie Bonneton*
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